La Banque mondiale, avec l’augmentation des cours de pétrole, a dressé un panorama sur les perspectives pour l'économie mondiale 2008, après que les cours nominaux du pétrole, en dollars, aient atteint des records historiques en novembre 2007, à près de 100 dollars le baril.
En euros, les cours du pétrole se sont établis à 4,5 % au-dessus de leur niveau maximum de 2006, tandis que, en termes réels (après ajustement pour prendre en compte le niveau global d’inflation), les cours du pétrole sont restés inférieurs de 4,2 % aux niveaux maximums qu’ils avaient atteint en novembre 1979. Le renchérissement du pétrole a eu pour effet de ralentir la croissance de la demande globale de ce produit, en particulier dans les pays à revenu élevé.
Dans les pays de l’OCDE, la demande de pétrole a diminué pendant six trimestres consécutifs à partir du quatrième trimestre de 2005, de plus de 0,4 million de barils par jour, en moyenne.
Dans les pays non membres de l’OCDE, la demande de pétrole s’est accrue légèrement de plus d’un million de barils par jour depuis 2005, soit une progression bien inférieure au gonflement observé en 2004.
Plusieurs producteurs non membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), notamment la Russie et plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, ont accru leur offre au cours des derniers mois tandis que, dans le groupe des pays de l’OCDE, le Canada continue d’accroître sa production, essentiellement à partir de sables pétrolifères, et les gisements en eau profonde dans le secteur du Golfe du Mexique contrôlé par les États-Unis commencent à produire sur une grande échelle. L’augmentation de l’offre qui s’en est suivie a été en partie neutralisée par la légère diminution de la production en mer du Nord.
Face au tassement de la demande et à l’augmentation de l’offre des pays non membres de l’OPEP, les pays membres de l’OPEP ont réduit leur production pour éviter un nouveau gonflement des stocks et une baisse des prix.
Étant donné que les pays de l’OPEP ont des capacités disponibles peu importantes et qu’ils limitent leur production, les cours du pétrole resteront probablement très élevés et volatiles ; la cherté du pétrole et des préoccupations environnementales de plus en plus vives devraient toutefois contribuer à ralentir la progression de la demande.
Par ailleurs, l’augmentation des investissements des pays producteurs de pétrole (membres ou non de l’OPEP) dans des activités d’amont devrait engendrer une augmentation des capacités supérieure à celle de la demande.
Il est toutefois probable que les marchés pétroliers continueront d’afficher un délicat équilibre sur la période de 2007-09, en partie parce que les exportateurs feront preuve de discipline au niveau de la production, et les cours devraient rester supérieurs à 75 dollars le baril au cours des deux prochaines années. À plus long terme, cet équilibre du marché pétrolier devrait se relâcher et les prix devraient baisser pour se rapprocher de 50 dollars le baril.