Selon un nouveau rapport rendu public par le Groupe Vert au Parlement Européen, l’énergie nucléaire est en déclin plutôt qu'en phase de renaissance dans le monde. Le rôle de l’énergie nucléaire serait en effet en déclin, selon le rapport sur « L’Etat des lieux 2007 de l'industrie nucléaire dans le monde », rendu public par le Groupe Vert au Parlement Européen.
Le rapport « L’Etat des lieux 2007 de l'industrie nucléaire dans le monde » montre, selon les Verts « que la part du nucléaire dans la production d'électricité a baissé au cours des dernières années pour 21 des 31 pays exploitant des centrales nucléaires. Il y a aujourd'hui 5 réacteurs nucléaires de moins dans le monde qu'il y a encore 5 ans et les statistiques des unités en cours de construction ne recensent que 32 unités, soit 20 de moins qu'à la fin des années 1990. En même temps, l'âge moyen des centrales en exploitation est en augmentation constante et se situe actuellement à 23 ans » précise Dany Cohn-Bendit.
Actualisation complète (au 31 décembre 2007) du rapport sur l'état des lieux de l'industrie nucléaire dans le monde, publié en 2004 par les Verts au Parlement Européen, ce rapport est désormais disponible pour la première fois intégralement en langue française.
Dany Cohn-Bendit, Co-Président du Groupe Verts/ALE a déclaré qu’alors « que le nucléaire est en réalité en déclin, le président français se comporte comme un marchand de tapis et troque l’accès à cette technologie à hauts risques – tant pour la sécurité que pour la santé et l’environnement – en parodiant la libération de prisonniers ou autres faveurs nébuleuses.
Mais l’obstination nucléaire des technocrates et politiques en France n’est pas seulement dangereuse, elle est aussi inefficace. Le nucléaire devait fournir à la France de l’électricité bon marché et rendre ainsi l’industrie française particulièrement compétitive. Résultat ? Le déficit de la balance commerciale de la France atteint des records, avec près de 40 milliards d’euros, alors que l’Allemagne, qui a entamé la sortie du nucléaire, se présente comme le champion mondial des exportations, avec un excédent record de 160 milliards d’euros.
A quelques mois de la présidence française de l’Union Européenne, il est urgent que le gouvernement français prenne acte du fait que les citoyens européens, y compris les français, ne veulent pas du nucléaire. Ils ont compris que ce n’est pas avec cette technologie du passé que l’on s’attaque aux problèmes de l’avenir. »
Le rapport constitue une mise en garde contre les conséquences de la campagne du lobby nucléaire : Les fausses promesses conduisent à un accroissement des dépenses publiques en faveur du nucléaire. Chaque euro investi dans un nouveau projet d'énergie nucléaire entraîne un retard, voire même une barrière, à la mise en place de politiques énergétiques intelligentes ; L'industrie est incapable de répondre à ses propres exigences. Les capacités de fabrication restreintes, entraînent de fait une concurrence entre la réalisation de nouvelles unités et la maintenance des unités en exploitation ; Le manque croissant de compétences et de main-d'œuvre qualifiée qui frappe cruellement le secteur du nucléaire, entraîne une compétition pour les meilleurs candidats entre les nouveaux projets de construction, l'exploitation et surtout la surveillance et le contrôle. Et en corollaire des conséquences potentiellement catastrophiques : les centrales vieillissantes risquent d’être exploitées et surveillées par un personnel réduit et/ou moins qualifié. »
Rebecca Harms, vice-présidente du Groupe des Verts au Parlement Européen, ajoute que « l’industrie nucléaire a régulièrement démontré son incapacité à répondre à ses propres exigences. Le premier nouveau projet de construction d'une centrale nucléaire en Europe depuis 15 ans, en Finlande, se révèle une catastrophe. Au bout de deux ans et demi de travaux, on annonce déjà un rallongement de la durée prévue de construction d'un tiers, une augmentation des coûts de 50 %, avec au moins 1,5 milliards d'euro de perte, et un mépris effrayant des spécifications techniques. Les discours sur une renaissance de cette technologie à haut risque évitent d'aborder les vrais problèmes. Un parc vieillissant combiné à du personnel qualifié de plus en plus rare conduit à des risques toujours plus importants. Le monde politique doit revenir enfin à la réalité des faits. Du point de vue énergétique, le nucléaire représente un mirage et du point de vue social, il ressemble à un fardeau plutôt qu'à un bénéfice. »
Les Verts au Parlement Européen ne comptent pas baisser la garde face aux risques nucléaires.
Rebecca Harms précise qu’un « débat ouvert sur les projets de rallongement de la durée de vie des centrales, ainsi que de nouvelles centrales, est indispensable. L'utilisation de l'énergie nucléaire induit de très hauts risques qui ne perdent rien de leur menace même face à la problématique des changements climatiques. Dans le cadre du combat politique contre l'énergie nucléaire, il est bon de savoir que ceux qui s'activent en faveur d'une dissémination du nucléaire civil dans le monde sont loin de rencontrer le succès qu'ils prétendent. »