Sécheresse et situation de l’eau en France, Jean-Louis Borloo a lancé un appel à la vigilance lors du premier comité national de suivi hydrologique de l’année 2008 qui s’est réuni ce mardi.
La France doit être vigilante quand à sa consommation en eau en raison d’une pluviométrie cumulée inférieure à la moyenne sur la très grande majorité du territoire métropolitain. Le ministre de l’environnement Jean-Louis Borloo appel en effet à la vigilance car la sécheresse n’est pas loin dans de nombreuses régions de France métropolitaine.
Sur la période septembre 2007 à février 2008, le cumul observé de pluie a été le plus faible des quatre dernières années. De plus, si le taux moyen de déficit des pluies efficaces est de 25%, il atteint près de 50% dans le sud du bassin parisien, la vallée de la Garonne, les Pyrénées-Orientales et la Provence.
La situation globale des nappes phréatiques se dégrade, alors que l’automne est normalement la période de recharge. Seules les nappes phréatiques des régions Nord et Est du territoire, qui ont connu des conditions estivales exceptionnellement humides, affichent un état de remplissage satisfaisant.
Partout ailleurs sur le territoire métropolitain, les niveaux des nappes sont inférieurs à la moyenne pour cette période de l’année. On peut craindre dans ces régions le déclenchement de mesures de restrictions au cours de l’été prochain, en prévision d’une épisode de sécheresse.
Certaines nappes territoire métropolitain poursuivent une baisse amorcée depuis plusieurs années, c’est le cas de la nappe de Beauce, la nappe de Champigny, la nappe de la plaine de Valence et les nappes de l’Est de Lyon.
Selon Jean-Louis Borloo, si la situation est globalement déficitaire, elle n’est pas catastrophique, dans l’attente de la pluviométrie des prochaines semaines qui sera donc très importante pour la suite de l’année hydrologique.
Pour le ministère, « la gestion de l’eau doit se faire dans la durée et ne peut se gérer au jour le jour. Il faut encore améliorer le respect des débits réservés, des débits d’objectifs et de crise. Les restrictions, pour être efficaces, devront être prises suffisamment en amont. Dans un certain nombre de territoire, la probabilité de recourir à des restrictions d’usages est déjà perceptible. »
De plus, « dans ces zones déficitaires, les usagers de l’eau, au sein de comité sécheresse, devront se réunir afin de réaliser une gestion fine de la situation. Dans ces zones, les choix de semis de cultures économes en eau doivent être particulièrement réfléchis. »
Jean-Louis Borloo rappelle aussi que les actions en matière de gestion quantitative de l’eau, issues du Grenelle de l’Environnement sont : l’adaptation des prélèvements aux ressources en diminuant les prélèvements pendant les périodes de faibles eaux par le biais de l’instauration d’une gestion collective de quotas et en construisant des stockages compatibles avec les contraintes environnementales ; le lancement d’un programme de réduction de fuites dans les réseaux d’alimentation en eau potable ; le développement de la récupération des eaux pluviales ; le développement de la réutilisation des eaux usées et de façon plus générale les projets innovants de gestion de la ressource.
Le prochain comité sécheresse se réunira à la mi-avril, mais dans cette attente, les bulletins nationaux de situation hydrologique, les cartes sécheresse et les données pour le suivi quantitatif des réserves aquifères sont consultables sur le site Internet www.eaufrance.fr.