Energies et Avenir a présenté les résultats d’une étude menée auprès de nouveaux propriétaires ayant reçu les premiers Diagnostics de Performance Energétique (DPE). L’association Energies et Avenir tire trois enseignements de cette étude.
1- Le Diagnostics de Performance Energétique (DPE) est rapidement devenu un document reconnu aux yeux des particuliers. 2- Les recommandations actuelles du Diagnostics de Performance Energétique (DPE) n’accordent pas la même place à toutes les solutions d’amélioration énergétique, ce qui risque de peser sur sa crédibilité future. 3- Les acquéreurs d’une maison équipée d’un système de chauffage à eau chaude semblent les plus sensibles à la problématique d’amélioration énergétique.
L’association Energies et Avenir préconise l’amélioration du Diagnostics de Performance Energétique (DPE) et un accès plus large aux aides fiscales pour inciter tous les propriétaires à réaliser des travaux en ce sens.
Les propriétaires estiment à 53% que le DPE a amélioré leur degré d’information sur le chauffage et l’isolation de leur nouveau logement. Pour les deux tiers d’entre eux, la performance énergétique globale de leur nouveau logement a constitué un critère d’achat. Ils jugent respectivement le DPE clair et fiable à 84 et 74%. Les travaux d’amélioration énergétique et d’aménagement entrent cependant en concurrence. Une petite moitié des nouveaux propriétaires (47%) se dit incitée à envisager des travaux, suite aux recommandations contenues dans le DPE, alors que près des deux tiers des acquéreurs font des travaux d’aménagement autres. Les aides fiscales, mentionnées comme importantes dans la décision de suivre les recommandations du DPE par 4 acquéreurs sur 10, sont donc essentielles.
L’isolation est la recommandation la plus largement citée par les particuliers (80% des personnes interrogées). Viennent ensuite les énergies renouvelables (28%), puis les différentes recommandations sur le système de chauffage (régulation 24%, remplacement (21%, entretien / maintenance 18%) et sur les systèmes d’eau chaude sanitaire (13%).
L’isolation constitue une recommandation unique dans 35% des cas où elle a été citée, ce qui laisse à penser que les diagnostics actuels sont limités ou insuffisamment exploités. « Par ailleurs, la multiplicité des méthodes de calcul, la prise en compte insuffisante de l’âge des logements ainsi que le haut niveau de compétences requises en thermique faussent en partie les résultats des DPE, » commente Michel Bourdier, ingénieur thermicien et membre d’Energies et Avenir, soulignant ainsi la nécessité d’améliorer les méthodes d’évaluation du diagnostic.
Les propriétaires d’une maison équipée de chauffage central à eau chaude ont davantage mémorisé les recommandations du DPE (entre 85 et 90% pour le fioul / gaz, contre 73% pour ceux chauffés à l’électricité). Ils reçoivent pratiquement autant de recommandations sur l’isolation que les détenteurs de chauffage électrique, mais davantage sur leur système de chauffage et d’eau chaude sanitaire. « 3.5 millions de chaudières en France ont plus de 15 ans : leur remplacement par une chaudière à condensation, par exemple, réduirait leur consommation énergétique de 30% ou davantage », rappelle Hervé Thelinge, président d’Energies et Avenir. « Les systèmes de chauffage à eau chaude étant les meilleurs vecteurs des énergies renouvelables (géothermie, biomasse, solaire), leurs détenteurs disposent de plusieurs leviers pour réduire la consommation énergétique de leur logement.
Ils sont donc davantage incités à réaliser des travaux. Il est important de faire du Diagnostics de Performance Energétique (DPE) un outil valorisant toutes les solutions d’amélioration énergétique et leurs associations, d’autant que le Grenelle de l’Environnement veut faire du DPE un outil central de l’incitation. La bonne information des diagnostiqueurs sur les technologies les plus performantes et les plus environnementales fait partie des préconisations d’Energies et avenir », ajoute-t-il.
Cette étude a été réalisée au téléphone auprès d’un échantillon représentatif de 375 particuliers qui ont acheté une maison existante depuis novembre 2006 et ayant emménagé en mai 2007.