Après la décision de justice à l’encontre du groupe pétrolier Total dans le cadre du naufrage de l’Eirka, celui-ci a annoncé qu’il allait indemniser les victimes du naufrage de l’Erika, qui doivent toucher 192 millions d’euros, mais qu’il faisait appel du jugement rendu par le tribunal correctionnel de Paris le 16 janvier 2008.
A la suite du jugement rendu par le tribunal correctionnel de Paris le 16 janvier 2008, Total a en effet annoncé via un communiqué que le groupe pétrolier allait « verser immédiatement et de manière irrévocable aux victimes de la pollution les indemnités fixées par le tribunal, » mais que le groupe Total allait aussi « faire appel d’une décision de justice qu’il estime injustifiée et allant à l’encontre du but recherché », qui est d’améliorer « la sécurité dans le transport maritime. »
Total décide donc de verser immédiatement aux victimes de la pollution liée au naufrage de l’Erika, en 1999, au large des côtes de la Bretagne., les indemnités fixées par le tribunal correctionnel de Paris.
Pour Total, « le naufrage de l’Erika a été un traumatisme pour toutes les populations de la côte et, au-delà, pour l’ensemble de la population française, mais également pour le personnel de Total. Après plusieurs années, le procès a eu lieu et toutes les parties ont pu s’exprimer devant le Tribunal Correctionnel de Paris. »
Le jugement rendu le 16 janvier 2008 prévoit que des indemnités soient versées aux victimes de la pollution de l’Erika. Le Groupe Total s’engage à verser aux parties civiles qui l’accepteront, les indemnités fixées par le tribunal. « Une organisation est mise en place pour que les paiements soient immédiats et définitifs, et ce quelque soit le résultat du jugement en appel. »
Ces indemnités qui sont fixées globalement à 192 millions d’euros viendront en complément de 200 millions d’euros « déjà prises en charge » par Total à la suite du naufrage de l’Erika, pour le nettoyage des côtes bretonnes, le pompage du fioul demeuré dans l’épave de l’Erika et le retraitement de l’ensemble des déchets collectés sur les côtes bretonnes, assure le pétrolier.
Total décide aussi faire appel de la décision du tribunal qu’il estime injustifiée « car il est reproché à Total d’avoir provoqué le naufrage en commettant une faute d’imprudence dans la sélection du navire, alors que Total a été trompé par des certificats qui ne correspondaient pas à la réalité de l’état gravement dégradé de la structure du navire. En tant qu’utilisateur de bateaux, Total n’a pas à se substituer aux sociétés de contrôle et de classification, à l’armateur et à l’État du pavillon ; ce n’est ni son rôle ni son métier. »
Avec 150 pétroliers qui transportent chaque jour ses cargaisons, Total est un acteur majeur du transport maritime. « La sécurité de ses transports est un enjeu de premier plan. Le Groupe a mis en place des règles d’affrètement qui sont probablement les plus strictes de la profession notamment pour ce qui concerne l’âge des navires et l’utilisation des doubles coques. »
L'Erika, un pétrolier battant pavillon de complaisance maltais, construit en 1975 et affrété par la société Total-Fina-Elf, a fait naufrage le 12 décembre 1999 au large de la Bretagne, avec à son bord 37.000 tonnes de fuel lourd en provenance de Dunkerque et à destination de Livourne en Italie. Les côtes françaises, du Finistère à la Charente-Maritime, seront alors souillés sur 400 km, et le nombre d'oiseaux morts sera estimé entre 150 000 et 300 000.