L' ASN a adressé le 15 janvier 2008 un courrier à EDF lui demandant de renforcer les dispositions prises en matière de prévention des risques liés à la présence de légionelles dans les circuits de refroidissement des centrales nucléaires.
Selon l’autorité de sûreté nucléaire (ASN), les légionelles sont « susceptibles de se développer dans les grandes tours aéroréfrigérantes de onze des dix-huit centrales nucléaires d'EDF » (Belleville, Bugey, Cattenom, Chinon, Chooz, Civaux, Cruas, Dampierre, Golfech, Nogent et Saint-Laurent), ce qui pourrait déclencher une épidémie de légionellose.
La légionellose est une maladie pulmonaire due à des bactéries du genre Legionella. Cette maladie a été découverte après la contamination de 200 personnes réunies dans un hôtel à Philadelphie en 1976. 34 de ces malades devaient décéder des suites de cette maladie.
A la demande de l'ASN, EDF avait mis à jour son plan d'actions à la fin de l'année 2006, mais l'ASN considère que les traitements biocides mis en œuvre par EDF sur certaines centrales nucléaires sont « utiles mais doivent encore être complétés par des actions alternatives, afin de mieux stabiliser les niveaux de colonisation en légionelles et de maîtriser rapidement tout pic de colonisation. »
Ces dispositions doivent tenir compte des particularités de chaque centrale nucléaire et de son environnement. L'ASN a donc demandé qu'EDF poursuive toutes les démarches permettant de limiter les colonisations en légionelles au niveau le plus bas raisonnablement possible, en particulier pour les tours des centrales nucléaires ne faisant pas l'objet à ce jour de traitement biocide. En parallèle, l’autorité de sûreté nucléaire poursuit ses réflexions sur l'évolution de l'encadrement réglementaire.
Sur la base de l'avis de l'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail (AFSSET), l’autorité de sûreté nucléaire a donc demandé à EDF par lettre du 15 janvier 2008 :
« - d'améliorer le suivi de l'état des installations, notamment en mettant sous assurance qualité l'ensemble du processus allant de la prise d'échantillon à la vérification de l'efficacité du traitement biocide ainsi qu'en augmentant le nombre et la fréquence des prélèvements ;
- de mettre en place un système permettant de constater l'efficacité des actions destinées à maîtriser le biofilm (substrat nécessaire à la prolifération des légionelles) ;
- de justifier les dispositions relatives au suivi et à la limitation de la formation du tartre dans les tours aéroréfrigérantes car le tartre favorise la prolifération des légionelles ;
d'évaluer l'efficacité de l'injection séquentielle de biocide, expérimentée au Bugey, qui permet de réduire les rejets dans l'environnement, et de statuer sur les gains éventuels de sa généralisation aux autres centrales nucléaires ;
- de poursuivre ses investigations sur les possibilités de limiter ou compléter l'utilisation de biocides par d'une part un traitement de l'eau d'appoint des tours aéroréfrigérantes et d'autre part une amélioration de la qualité organique de l'eau ;
- d'approfondir l'étude d'impact d'un traitement biocide généralisé à l'ensemble des centrales nucléaires en bord de Loire. »