A l'issue de longues tractations, la Commission européenne vient de rendre public, ce mercredi, un vaste paquet législatif qui a pour but le développement d'une économie moins carbonée avec la réduction des émissions de gaz à effet de serre en Europe de 20% d'ici 2020.
En janvier 2007, la Commission européenne avait présenté une proposition intégrée portant sur les domaines de l’énergie et du changement climatique pour l’Union Européenne (UE). Cette proposition s’attaquait aux problèmes de l’approvisionnement en énergie, au changement climatique et au développement industriel. Deux mois plus tard, les chefs d’État et de gouvernement européens approuvèrent ce plan d’action et se mire d’accord sur une politique énergétique en l’Europe.
Ce plan préconisait les mesures suivantes pour l’Union Européenne (UE) : « augmenter de 20 % l’efficacité énergétique ; réduire de 20 % les émissions de gaz à effet de serre (GES) ; atteindre une proportion de 20 % d'énergies renouvelables dans la consommation énergétique totale de l'UE d'ici 2020 ; atteindre une proportion de 10 % de biocarburants dans la consommation totale des véhicules d'ici 2020. »
Or, selon la Commission européenne, force est de constater que ces objectifs sont très ambitieux. En effet, à ce jour, en 2008, la part des sources d’énergie renouvelables n’est de 8,5 % en Europe. Pour la Commission, « des efforts considérables de la part de tous les secteurs économiques et de tous les États membres de l’Union Européenne (UE) seront nécessaires pour atteindre une proportion de 20 % d’ici 2020. »
La Commission a proposé une directive comme moyen d’atteindre les objectifs de la politique en faveur des énergies renouvelables, qui vise à établir « des objectifs nationaux en matière d’énergies renouvelables qui se conjugueront pour atteindre un objectif global contraignant de 20 % de sources d’énergie renouvelables dans la consommation d’énergie en 2020, et un objectif contraignant minimum de 10 % de biocarburants dans les transports, à réaliser par chaque État membre. »
Trois secteurs sont concernés par les sources d’énergie renouvelables, à savoir l’électricité, le chauffage et le refroidissement, et les transports. Pour la Commission européenne, il « appartient aux États membres de décider de l'importance relative des contributions de ces secteurs pour atteindre leurs objectifs nationaux, en choisissant les moyens les mieux adaptés à leur situation nationale. Ils auront aussi la possibilité d’atteindre leurs objectifs en soutenant le développement des énergies renouvelables dans d’autres États membres et dans des pays tiers. »
La part minimale de 10 % de biocarburants dans les transports est applicable dans tous les États membres de l’Union Européenne (UE). « Les biocarburants s’attaquent à la dépendance que présente le secteur des transports vis-à-vis du pétrole, l'un des problèmes les plus graves auxquels l’UE est confrontée en matière de sécurité de l'approvisionnement énergétique. » estime l’exécutif européen.
Enfin, la directive vise aussi à supprimer les obstacles inutiles à la croissance des énergies renouvelables – par exemple en simplifiant les procédures administratives pour les nouveaux développements dans ce domaine – et encourage le développement de meilleurs types de sources d'énergie renouvelables (en fixant des normes de viabilité écologique pour les biocarburants, ...).
Pour l’exécutif européen, « les nombreux avantages des sources d’énergie renouvelables, par leurs effets sur le changement climatique, la sécurité d’approvisionnement en énergie et leur utilité économique à long terme, sont largement reconnus. »
L’analyse effectuée par la Commission européenne montre « que la réalisation de nos objectifs en matière d’énergies renouvelables aura les conséquences suivantes : réduction des émissions de CO2 à raison de 600 à 900 millions de tonnes par an, ralentissement du changement climatique et invitation lancée aux autres pays à faire de même ; réduction de la consommation de combustibles fossiles à raison de 200 à 300 millions de tonnes par an, dont la plus grande partie est constituée d'importations, et renforcement de la sécurité d'approvisionnement en énergie pour les Européens ; relance des industries de haute technologie, nouvelles perspectives économiques et création d'emplois. »
Le coût global de l'opération « s'élèvera à environ 13 à 18 milliards d'euros par an. Toutefois, ces investissements permettront de modérer le prix des technologies exploitant les sources d'énergie renouvelables, qui représenteront une part de plus en plus importante de notre approvisionnement en énergie dans l’avenir » ajoute Bruxelles.
L’Union européenne occupe déjà le premier rang mondial dans le domaine des énergies renouvelables et le secteur joue, au niveau international, un rôle économique crucial, dont l'importance ne cesse de grandir. L’UE ambitionne de se maintenir à la pointe de ce domaine en pleine expansion. Jusqu’à présent toutefois, cette expansion a été inégale dans l’ensemble de l’Union et les énergies renouvelables ne représentent toujours qu’une petite partie de son bouquet énergétique, dominé par le gaz, le pétrole et le charbon.
Différentes sources d’énergie renouvelables se trouvent à des stades différents de leur développement technologique et commercial. Le vent, l’eau, la biomasse et le soleil sont déjà, dans certains endroits et sous certaines conditions, des sources économiquement viables. Toutefois, pour d’autres sources, comme l’énergie photovoltaïque, une hausse de la demande sera nécessaire afin d’améliorer les économies d’échelle et de réduire les coûts.