Protéger les forêts et ensevelir les gaz à effet de serre sont les manières les plus efficaces de ralentir le changement climatique mondial, d’après ce qu’a déclaré le premier ministre de la Norvège vendredi, un jour après que le pays se soit fixé comme objectif de devenir « neutre en carbone » d’ici 2030.
Jens Stoltenberg, le premier ministre de la Norvège, a déclaré qu’environ la moitié des émissions de gaz à effet de serre mondiales provenaient de la déforestation et de la combustion d’énergies fossiles dans les centrales électriques et les industries.
«La foresterie et la capture du dioxyde de carbone sont les éléments clés pour résoudre le problème du changement climatique » a-t-il déclaré dans un discours au Cap en Afrique du Sud, à propos de la stratégie de la Norvège pour ralentir le changement climatique.
Le Groupe Intergouvernemental d’Experts des Nations Unies sur l’Evolution du Climat affirme que le changement climatique sera à l’origine de plus d’inondations, de canicules, de sécheresses et d’une augmentation du niveau des mers.
Le Parlement de la Norvège s'est mis d'accord jeudi pour rendre le pays « neutre en dioxyde de carbone » d’ici 2030, soit 20 ans plus tôt que ce qui était initialement prévu. Dans ce cadre, toute émission de dioxyde de carbone en 2030 sera compensée par des réductions dans d’autres pays ou dans d’autres secteurs.
Le Costa Rica et la Nouvelle-Zélande font partie des rares pays à s’être fixé des objectifs similaires pour réduire leurs émissions nettes à zéro.
Le Premier Ministre de la Norvège a déclaré que la déforestation représentait près de 20% des émissions totales de gaz à effet de serre : les arbres absorbent du dioxyde de carbone pendant leur croissance et le relâchent quand ils sont coupés ou brûlés.
Les gaz à effet de serre émis lors de la combustion des énergies fossiles telles que le charbon ou le pétrole dans les centrales électriques et les usines représentent près de 30% des émissions mondiales. Ces émissions pourraient être réduites grâce aux nouvelles technologies de capture des gaz à effet de serre et d’ensevelissement de ces gaz.
« Il reste encore beaucoup de chemin à faire pour y parvenir mais il y a un potentiel » a déclaré le premier ministre de la Norvège à propos de l’ensevelissement du dioxyde de carbone.
La conférence de Bali sur le changement climatique le mois dernier a accepté de lancer des projets pilotes pour récompenser les pays pauvres qui ont contribué à ralentir la déforestation. La Norvège a déclaré qu’elle contribuerait à ces projets en leur allouant 500 millions de dollars par an.
Mais à l’inverse de la Norvège, très peu de nations industrialisées pensent que leurs propres forêts devraient être comprises dans ce nouveau schéma. Les forêts nordiques s’étendent, notamment parce que le changement climatique contribue à l’augmentation de la durée de la saison de croissance des forêts dans le nord.
Les émissions annuelles de la Norvège, qui proviennent de sources allant des plate-formes pétrolières aux voitures, excèdent les 50 millions de tonnes et sont bien au-dessus des objectifs prévus par le Protocole de Kyoto des Nations Unies.
« Si la foresterie était incluse alors les statistiques changeraient et les émissions de la Norvège ne seraient plus du tout de 50 millions de tonnes mais seraient nettement inférieures » a-t-il déclaré.
Le ministre de l’environnement de l’Afrique du sud, Marthinus Van Schalkwyk, a également déclaré que les Etats-Unis, le principal émetteur de gaz à effet de serre au monde, devrait faire beaucoup plus pour limiter ses émissions après avoir accepté à Bali de négocier un nouveau traité mondial sur le climat d’ici la fin de l’année 2009.
« L’engagement des Etats-Unis à se joindre aux négociations est un pas en avant important. Mais cela reste un premier pas » a-t-il déclaré.