Le Président de la Commission Européenne, Jose Manuel Barroso, a répondu mercredi aux critiques des états membres et de l’industrie concernant ses propositions radicales de lutte contre le changement climatique et les économies d’énergie.
Une semaine avant que les responsables de l’Union Européenne ne dévoilent un ensemble très contesté de propositions pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, augmenter l’utilisation des sources renouvelables d’énergie et promouvoir les biocarburants, Jose Manuel Barroso a déclaré que l’Union Européenne devait « mettre son argent là où se trouve sa bouche ».
« Nous savons depuis le début que la transformation de l’Europe en une économie à bas taux d’émissions de dioxyde de carbone ne serait pas une tâche facile à accomplir. Mais c’est le moment d’être sérieux, responsable et cohérent avec notre engagement » a-t-il déclaré devant le Parlement Européen.
Il a répondu ainsi aux lettres envoyées par les dirigeants tels que le Président Français Nicolas Sarkozy ou les principaux lobby industriels qui ont demandé à Bruxelles de ne pas nuire à l’industrie de l’Union Européenne ou de ne pas traiter les états membres de manière injuste.
Dans une lettre publiée sur son site Internet officiel mardi, Nicolas Sarkozy avertissait Bruxelles des dangers de « la pénalisation non nécessaire des prévisions de croissance ».
Jose Manuel Barroso a déclaré qu’en prenant la tête de la lutte contre le changement climatique, l’Europe donnerait à son industrie « l’avantage de celui qui a agi en premier » dans les technologies d’énergie propres, tout en boostant sa compétitivité économique et en créant des emplois.
Les propositions de lutte contre le changement climatique devront permettre d’atteindre les objectifs ambitieux définis par les dirigeants de l’Union Européenne en mars dernier, selon lesquels les émissions de dioxyde de carbone doivent être réduites de 20% d’ici 2020 par rapport aux niveaux de 1990. D’ici 2020, il faudra également que l’énergie renouvelable représente 20% de la production totale d’électricité.
Les états membres devront être traités de manière juste, en reconnaissant des points de départ différents, des circonstances différentes et le fait que certains sont plus capables que d’autres de financer les investissements et l’adaptation, a indiqué Jose Manuel Barroso.
D’après une première ébauche des propositions, la Commission devrait répartir cet effort entre chaque pays selon leur PIB par tête.
Les états les plus riches devraient avoir à réduire leurs émissions de 20% leurs émissions de CO2 par rapport aux niveaux de 2005 (en plus de la réduction de 20% par rapport aux niveaux de 1990), tandis que les états les plus pauvres pourront sûrement aller jusqu’à une augmentation de leurs émissions de 20% par rapport aux niveaux de 2005, pour qu’ils soient capables de rattraper leur retard économique par rapport au reste de l’Union Européenne.
Nicolas Sarkozy a proposé une méthode différente, en disant que le but devrait être de converger vers une situation où les émissions de CO2 par personne soient uniformes en Europe, et en rappelant que les émissions par citoyen de la France sont 25% inférieures à la moyenne de l’Union Européenne.
Jose Manuel Barroso a déclaré que la Commission de l’Union Européenne chercherait à minimiser les coûts de l’adaptation pour l’industrie et à résoudre les problèmes spécifiques auxquels sont confrontées les industries intensives en énergie telles que l’industrie de l’aluminium et de l’acier.
Mais Jose Manuel Barroso a insisté en disant : « c’est une erreur d’opposer la lutte contre le changement climatique à la compétitivité des industries européennes ».