L'efficacité énergétique, et donc la réduction du gaspillage d'énergie en Chine aurait un effet rapide et important sur la réduction des émissions de CO2, estime la Banque Mondiale.
Ainsi, un programme d’efficacité énergétique, soutenu par la Banque mondiale et le FEM, va être déployé en Chine. Les EMC de Chine ont permis d'économiser en 2006 et en 2007 autant d'énergie que ce que la France aurait consommé en charbon standard au cours des deux dernières années.
La Chine est le deuxième consommateur d'énergie au monde. L'expertise du Groupe de la Banque mondiale est mise au service de la Chine pour l'aider à atteindre son objectif, à savoir une diminution de 20 % de l'intensité énergétique. Le partenariat entre la Banque et la Chine comprend un éventail de programmes encourageant la conservation d'énergie ou la réduction de la pollution.
Dix ans d'efforts pour réduire le gaspillage d'énergie et les émissions de gaz à effet de serre en soulignant les avantages financiers pour les entreprises commencent à « porter leurs fruits » en Chine, a déclaré Bob Taylor, spécialiste en chef de l'énergie à la Banque mondiale.
Des entreprises de services écoénergétiques, aussi appelés ESCO ou EMC, qui aident les industries à économiser de l'argent en utilisant moins d'énergie, voient le jour partout dans le pays et on en compte désormais une centaine alors qu'elles n'étaient que trois en 1998.
Bon nombre d'EMC se réunissent pour une conférence à Pékin afin de faire le point sur une industrie qui a permis d'économiser en 2006 et en 2007 autant d'énergie que ce que la France aurait consommé en charbon standard au cours des deux dernières années.
De tels résultats démontrent que les efforts de conservation d'énergie de l'industrie des EMC ont le potentiel de réduire de manière significative la hausse de l'utilisation du charbon en Chine, une des principales sources de gaz à effet de serre, a dit M. Taylor.
« L'efficacité énergétique aurait le plus d'effets, le plus rapidement » pour réduire la quantité de dioxyde de carbone dégagé par les centrales à charbon en Chine, a indiqué M. Taylor. « Les industries chinoises sont les plus grandes consommatrices de charbon », a-t-il ajouté.
Le concept des entreprises EMC, présenté par la Banque à la Chine en 1997, « a enflammé l'imagination des décideurs-clé responsables du rendement énergétique » qui y ont vu un nouveau moyen de promouvoir les investissements en matière d'efficacité énergétique sur le plan commercial, a déclaré M. Taylor.
L'industrie de la conservation d'énergie de la Chine a fait ses débuts avec trois EMC créées en 1998 à Shandong, Liaoning et Pékin grâce aux 151 millions de dollars accordés par le Projet de conservation d'énergie de la Chine soutenu par le gouvernement chinois, la Banque mondiale, le Fonds pour l'environnement mondial (FEM) et la Commission européenne.
Accordant priorité à ce marché, le gouvernement chinois et la Banque mondiale ont élaboré un nouveau projet de financement de l’efficacité énergétique qui verra le jour grâce à un nouveau prêt de l’ordre de 200 millions de dollars de la Banque et à une subvention de 13 millions de dollars du FEM. Ce projet, qui devrait être approuvé dans les mois qui viennent, permettra le développement de vastes programmes de prêts pour l’efficacité énergétique, disponibles dans trois banques nationales chinoises, pour des projets de l’ordre de 5 à 10 millions de dollars dans l’industrie lourde.
Depuis 1990, le Groupe de la Banque mondiale a investi près de 3,1 milliards de dollars dans l’efficacité énergétique par le biais d’environ 120 projets dans 40 pays, d’après un nouveau rapport sur la progression de l’énergie renouvelable et l’efficacité énergétique au cours de l’exercice 2007.