Par un geste purement symbolique mais de ceux qui pourraient enflammer les relations bilatérales entre le Japon et l'Australie, un tribunal australien a déclaré mardi qu’une compagnie de chasse à la baleine japonaise avait enfreint une loi environnementale en tuant des baleines dans les eaux Antarctique de l’Australie.
Le Tribunal Fédéral d’Australie a ainsi sommé la compagnie japonaise de chasse à la baleine Kyodo Senpaku Kaisha Ltd de cesser de tuer des baleines dans la réserve de baleines Antarctique de l’Australie (Whale sanctuary), en disant qu’à moins de contraindre les japonais, ils continueraient à pratiquer la chasse à la baleine.
Mais le Tribunal n’a aucune juridiction en dehors de l’Australie.
Un navire de pêche de l’Australie cherche actuellement à repérer la flotte japonaise de chasse à la baleine pour réunir des preuves photographiques pour appuyer une action en justice devant les tribunaux internationaux, ayant pour but de faire cesser cette chasse « scientifique » annuelle.
Le Japon prévoit de chasser près de 1000 baleines de Minke et rorquals communs pour la recherche au cours de l’été Antarctique mais a renoncé à son projet de tuer 50 baleines à bosse après une condamnation internationale et une manifestation diplomatique officielle organisée par 31 nations.
La Humane Society International (HIS) avait déjà lancé une action en justice contre la compagnie Kyodo Senpaku Kaisha Ltd en 2004, cherchant à obtenir une injonction du tribunal fédéral contre la chasse dans la réserve de baleine australienne.
L’affaire n’avait pas aboutie.
Le Juge du Tribunal Fédéral Jim Allsop a décidé mardi que la compagnie de chasse à la baleine avait « tué, blessé, pris et interféré avec les baleines de Minke et les rorquals communs de l’Antarctique, et blessé, pris et interféré avec les baleines à bosse dans la Réserve Australienne de baleines, en violation de la loi de Protection de l’environnement et de conservation de la biodiversité ».
Jim Allsop a indiqué que des échantillons prélevés sur les baleines à bosse tuées par la compagnie avaient montré que ces dernières avaient été attrapées avec des arbalètes.
« Je suis content que cette méthode d’échantillonnage ait permis de montrer que les baleines ont été blessées, ce qui est une violation des traités en vigueur régulant la chasse à la baleine » a-t-il déclaré.
De plus, même si les chasseurs ont tué des baleines en dehors des eaux de l’Australie, un « nombre significatif de baleines a été pris à l’intérieur de la Réserve de baleines de l’Australie » a indiqué Jim Allsop.
Mais le juge a reconnu qu’il y avait très peu de chance pour que sa décision soit appliquée.
« A moins que les navires en question n'entrent en Australie, s’exposant ainsi à une arrestation ou à une saisie, les plaignants savent qu’il n’y a aucun mécanisme pratique par lequel la décision de la justice peut être appliquée » a-t-il expliqué.
Le Ministre de l’Environnement de l’Australie, Peter Garrett, a déclaré qu’il étudierait avec attention la décision judiciaire pour voir si elle pouvait peser en faveur d’une action en justice menée par l’Australie devant un tribunal international.
« Le Commonwealth n’a pas participé à l’affaire, mais nous avons la ferme intention de continuer à avoir une approche holistique d’ensemble pour nous opposer à la chasse à la baleine soit disant scientifique pratiquée par les japonais » a indiqué Peter Garrett.