José Bové a commencé une grève de la faim contre le maïs transgénique OGM Monsanto en demandant au gouvernement de mettre en œuvre la clause de sauvegarde. Le leader altermondialiste José Bové a en effet commencé une grève de la faim avec une quinzaine d'autres opposants aux organismes génétiquement modifiés (OGM), ce jeudi 3 janvier.
José Bové et les autres opposants aux OGM demandent au gouvernement la mise en œuvre de la clause de sauvegarde, ou article 23 de la directive européenne 2001-18, clause qui permet à un Etat membre de l’Union Européenne de ne pas utiliser sur son territoire un OGM qui lui serait autorisé au niveau européen.
La directive sur la dissémination d'organismes génétiquement modifiés (OGM), conformément au principe de précaution et au vu des risques pour l'environnement et la santé humaine que peut entraîner la dissémination d'organismes génétiquement modifiés (OGM), « vise à renforcer le cadre législatif relatif à la dissémination volontaire et à la mise sur le marché des OGM. En particulier, la directive améliore l'efficacité et la transparence de la procédure d'autorisation de dissémination volontaire et de mise sur le marché des OGM, met en place une méthode commune d'évaluation des risques et un mécanisme de sauvegarde, et rend obligatoire la consultation du public et l'étiquetage des OGM. »
Rue de la banque à Paris, à quelques pas du ministère de l’environnement, c’est donc dans un immeuble squattés par des associations qui militent pour le droit au logement, que José Bové et une quinzaine d’opposants aux OGM ont déclaré débuter une grève de la faim pour rappeler au gouvernement ses engagements à l’issue du Grenelle de l’environnement sur la mise en œuvre de la clause de sauvegarde sur les cultures OGM en France, et plus particulièrement sur le maïs transgènique de Monsanto, le MON 810, seul autorisé à la culture en France.
Pour le leader altermondialiste, la parole donnée par le gouvernement à l’issue du Grenelle de l'environnement n’a pas été respectée, puisqu’au lieu d’un moratoire sur les cultures OGM, celui-ci a décidé d’un gel sur les OGM jusqu’à la mi-février.
Rappelons que courant décembre 2007, l'Alliance pour la planète et la Confédération paysanne ont décidé de quitter le Comité de préfiguration de la Haute Autorité sur les OGM, créé par décret le 5 décembre, car la clause de sauvegarde n’avait pas été appliquée au profit d’un gel provisoire. France Nature Environnement (FNE) a également décidé de suspendre sa participation à ce Comité, dans l'attente d'une décision « sans ambiguïté » sur le maïs MON 810.
Entre octobre 2002 et octobre 2005, 13 demandes d'autorisation de mise sur le marché de plantes génétiquement modifiées, déposées auprès de 8 États membres, ont abouti à l'autorisation de 5 produits : le maïs NK603 de Monsanto Europe S.A; le maïs MON863 de Monsanto Europe S.A; le colza GT73 de Monsanto Europe S.A; le maïs 1507 de Pioneer Hi-Bred International INC et Mycogen Seeds; le maïs MON863 X MON810 de Monsanto Europe S.A. Le maïs transgènique MON 810 est cultivé en Espagne sur quelque 50 000 hectares et sur quelque 5 000 hectares en France.
Par ailleurs, sur cette même période, 245 demandes de dissémination d'OGM à des fins autres que la mise sur le marché (par exemple en vue de la recherche), déposées auprès de 13 États membres, ont abouti à 191 autorisations (avec 23 demandes encore pendantes en octobre 2005).