La Grande-Bretagne devrait donner le coup d’envoi d’une nouvelle génération de centrales nucléaires la semaine prochaine, déclenchant une frénésie d’accords par les compagnies nucléaires, ainsi qu’un nouveau défi pour les personnes militant pour la protection de l’environnement.
« Je ne pense pas que le gouvernement ait d’autres options » a déclaré l’analyste David Cunningham de Arbuthnot Securities. « C’est un mal nécessaire ».
Les compagnies qui vont faire fonctionner les centrales nucléaires disent que les nouvelles centrales nucléaires de la Grande-Bretagne pourraient être inaugurées d’ici 2017, ce qui aiderait la Grande-Bretagne à atteindre son objectif 2020 de lutte contre le changement climatique.
Le feu vert du gouvernement, qui devrait être donné mardi prochain, devrait être accompagné par la publication d’un Projet de Loi sur l’Energie, qui devrait être approuvé par le Parlement et rejoindre ainsi le Projet de Loi sur le Changement Climatique et celui sur la Planification.
Cet ensemble de projets de loi constitue la base de la nouvelle politique du gouvernement sur l’énergie et le climat, pour les prochaines décennies à venir.
La décision de la Grande-Bretagne va également être suivie de près par les autres gouvernements, car beaucoup voient l’énergie nucléaire comme une partie essentielle de la combinaison énergétique permettant de fournir de l’électricité tout en luttant contre le réchauffement climatique.
Mais ces gouvernements sont confrontés à des degrés divers d’opposition publique.
Alors que les Etats-Unis sont sur le point de lancer une nouvelle génération de centrales nucléaires, d’autres pays tels que l’Allemagne abandonnent progressivement l’énergie nucléaire à cause des problèmes de sécurité.
L’opinion publique de la Grande-Bretagne est divisée sur la question, avec 44% de la population qui pense que les compagnies devraient avoir la possibilité d’investir dans le nouveau nucléaire, et 37% pensant le contraire.
En février, un juge d’une haute cour avait bloqué le feu vert donné par le gouvernement pour cette nouvelle génération de centrales nucléaires, en disant que le gouvernement n’avait pas consulté l’opinion publique de façon correcte.
Greenpeace a déclaré qu’une décision en faveur du nucléaire la semaine prochaine serait encore illégale, parce que le gouvernement a donné des informations biaisées au public lors de la deuxième consultation et parce qu’il n’y a toujours aucun programme pour le traitement des déchets radioactifs.
Cependant, la décision juridique de février se basait sur un vice de procédure et non sur le contenu, c’est pourquoi une nouvelle récusation pourrait ne pas avoir la même issue.
Mais beaucoup pensent que le gouvernement préfèrerait une récusation de la part des défenseurs de l’environnement, plutôt que de rater ses objectifs en dioxyde de carbone à cause du manque de fiabilité de son énergie renouvelable provenant de sources telles que le vent et la marée.
La principale compagnie d’énergie nucléaire de la Grande Bretagne, British Energy, est en négociation avec plus de 10 compagnies pour former des partenariats pour la construction des nouvelles centrales, probablement au sud de l’Angleterre.
Si le gouvernement donne son feu vert à British Energy, la compagnie formera des joint ventures avec des partenaires internationaux, chacun d’entre eux étant relié à un site spécifique.
« Chacun des quatre sites de British Energy a été évalué viable, mais ce ne sont pas nécessairement les seuls sites possibles » a déclaré Tony Ward, de la compagnie Ernst & Young.
Le Secrétaire du gouvernement au Commerce, John Hutton, a souligné l’importance d’une multiplicité de sources d’énergie dans ses derniers discours.