Dans son dernier "4 pages" (n°122), l’Institut français de l’environnement (Ifen) livre les principaux résultats d’une enquête sur les tendances d’évolution de 2,4 millions d’hectares de zones humides situées en France métropolitaine, entre 1990 et 2000. Selon l’Institut français de l’environnement (Ifen), les perturbations sont estimées globalement moindres que dans le passé mais demeurent élevées.
Pour l’Institut français de l’environnement (Ifen), entre 1990 et 2000, la superficie des milieux naturels dans les zones humides d’importance majeure s’est majoritairement stabilisée après une diminution au cours des décennies précédentes. Pendant la même période, les dégradations subies sont globalement moindres que dans le passé, mais elles demeurent élevées et des actions de conservation et de restauration d’habitats se développent. Les prairies humides, les tourbières et les landes humides régressent et sont davantage perturbées que les milieux salés et les vasières qui apparaissent en meilleur état. L’expansion d’espèces envahissantes touche la quasitotalité des zones étudiées.
Pendant cette décennie, de 1990 à 2000, d’après l’Institut français de l’environnement la pression des activités humaines a peu augmenté dans l’ensemble de ces zones. Les pressions les plus élevées s’exercent sur les vallées alluviales et le littoral méditerranéen.
Sur la même décennie, les superficies des milieux naturels composant ces zones, qui avaient régressé au cours des décennies précédentes, apparaissent globalement plus stables que leur état de conservation. Elles ont peu évolué dans les trois quarts des cas, toutes catégories confondues. Cependant, dans plus de 30 % des cas, la surface des prairies humides, tourbières et landes a régressé.
Une stabilité de l’état de conservation des milieux a été constatée dans plus de la moitié des cas, une dégradation de cet état dans presque un tiers des cas et des restaurations pour plus du dixième. Globalement, en 2000, l’état des milieux d’eau douce apparaît moins bon que celui des milieux humides salés, précise l’Institut français de l’environnement.
En 2000, la quasi totalité des zones humides observées est concernée par une ou plusieurs espèces envahissantes, animales ou végétales. Entre 1990 et 2000, la tendance est à une extension du nombre des zones touchées et d’espèces impliquées.
Les zones humides observées ont bénéficié dans le passé récent de la mise en oeuvre de mesures de protection ou de gestion, au point que près de 70 % de leur superficie est concernée par au moins une d’entre elles en 2007. Le maintien de ces zones dans un bon état de conservation et de fonctionnalité est un enjeu essentiel pour la gestion des territoires et pour répondre aux objectifs européens de préservation de la biodiversité et d’atteinte d’un bon état écologique des masses d’eau pour 2015, prévient l’Institut français de l’environnement (Ifen).