La Chine a confirmé dans un document officiel son engagement à augmenter la sécurité de l’approvisionnement en énergie du pays, et à réformer les prix de l’énergie, tout en promouvant une croissance plus écologique. Cependant le gouvernement de la Chine a donné très peu de détails sur la façon dont ces objectifs seraient réalisés.
La Chine, le deuxième plus grand producteur de pétrole au monde, a besoin de mettre en place des accords d’approvisionnements en énergie sur le long terme pour réduire la ruée de dernière minute sur le marché du pétrole, a déclaré le gouvernement dans un document officiel sur la politique énergétique de la Chine, intitulé « Conditions et Politiques sur l’Energie de la Chine ».
Près de 60% des contrats d’importations de pétrole brut de la Chine, qui importe presque la moitié du pétrole dont elle a besoin, sont des contrats à court terme avec des exportateurs tels que l’Arabie Saoudite, l’Iran et la Russie.
« La Chine changera progressivement la situation actuelle, c’est-à-dire une situation de dépendance très importante vis-à-vis du marché immédiat du pétrole brut. La Chine encouragera la signature de contrats à long terme avec les compagnies étrangères et promouvra la diversification des voies de commerce » peut-on lire dans le document officiel du gouvernement.
Dans ce document, on trouve également le renouvellement de l’engagement du gouvernement à libéraliser les prix de l’énergie et à adopter plus de mesures fiscales pour réduire la consommation à perte. Cependant, Pékin maintiendra un contrôle rigide des prix sur les carburants et l’électricité par crainte d’une inflation importante.
La Chine a souvent été méfiante vis-à-vis des politiques énergétiques internationales, malgré des accords avec des états comprenant le Soudan et l’Iran, que les nations occidentales ont évité. Pékin avait déclaré que la Chine ne cherchait que des opportunités de commerce à l’étranger.
Les responsables du gouvernement de la Chine ont réagit de manière forte aux hypothèses selon lesquelles la demande croissante de la Chine a été un facteur de l’augmentation très importante du prix du pétrole, ou selon lesquelles son besoin de pétrole pourrait la faire entrer en conflit avec d’autres pays.
Mais le document semble reconnaître qu’étant donné que les politiques économiques et énergétiques de la Chine ont de plus en plus de conséquences sur les fluctuations des marchés internationaux, le pays ne pourrait pas ignorer la diplomatie énergétique encore longtemps.
« La communauté internationale devrait travailler en collaboration afin de maintenir une stabilité dans les pays de production et d’exportation du pétrole, surtout ceux du Moyen–Orient » peut-on lire dans le document officiel du gouvernement.
Tout en gardant les secteurs les plus stratégiques du pétrole et du gaz, presque exclusivement sous le contrôle de ses compagnies énergétiques détenus par l’Etat, la Chine pourrait s’ouvrir aux investissements étrangers pour les secteurs de la production d’électricité, et la technologie du charbon propre, ainsi que le développement de sources d’énergie moins traditionnelles.
Le gouvernement souligne aussi dans le document que le traitement intensif des gaz à effet de serre et de l’eau nuiront aux intérêts de la Chine sur le long terme, mais Pékin compte énormément dans la technologie pour augmenter la sécurité énergétique du pays.
« La Chine encouragera la recherche et le développement, ainsi que la généralisation des technologies de charbon propre. Elle accélérera également la recherche dans le secteur des substituts liquides au carburant ».
Le changement climatique, qui est devenu une priorité des gouvernements ces dernières années, a également fait son apparition comme une priorité énergétique, sous le nom « contrôle global des émissions de gaz à effet de serre », même si le document ne contient aucun détail concret sur la question.
La Chine devrait devenir le premier émetteur de dioxyde de carbone au monde dès cette année, alors que sa géographie la rend très vulnérable aux conséquences environnementales du changement climatique.
Par exemple, ses réserves d’eau par personne sont déjà très peu élevées, et le nord est confronté à une sécheresse persistante tandis que le sud doit faire face à des inondations régulières.