La Commission Européenne était confrontée mercredi à un conflit entre les militants industriels et les militants pour l’environnement, à propos de la façon dont l’Union Européenne doit réduire ses émissions de dioxyde de carbone provenant des voitures pour lutter contre le changement climatique, sans nuire aux fabricants automobiles européens.
Lors d’une réunion rassemblant les responsables de l’Union Européenne mardi soir, les défenseurs des fabricants allemands d’automobiles de luxe ont obtenu une période plus longue pour l’introduction progressive des sanctions pour les fabricants qui ne réussiront pas à atteindre un objectif obligatoire d’émissions de dioxyde de carbone pour leurs nouvelles voitures, d’après des sources de l’Union Européenne.
Guenter Verheugen, un ardent défenseur de l’industrie automobile allemande, a également cherché à réduire les prix des sanctions appliquées aux compagnies dont les émissions moyennes (de leurs voitures) n’atteindront pas les 130 grammes par kilomètre au moyen de la seule technologie du moteur.
Le Commissaire à l’environnement de l’Union Européenne, Stavros Dimas, a défendu des sanctions croissant progressivement à partir de 2012, en disant qu'elles constitueraient une motivation importante pour obliger les fabricants d’automobiles à investir dans les technologies propres et produire des voitures plus légères, afin d’atteindre les objectifs de l’Union Européenne.
Les deux hommes étaient à couteaux tirés depuis que la Commission Européenne a fixé un objectif en janvier dernier de réduire les émissions de gaz à effet de serre des nouvelles voitures de l’Union à 120 grammes par kilomètre d’ici 2012, avec une réduction à 130 grammes par kilomètre au moyen de la seule technologie moteur et le reste étant atteint par les biocarburants par exemple.
Mercredi, Stavros Dimas et Guenter Verheugen devraient pourtant s’entendre pour annoncer comment la Commission propose d’appliquer ces objectifs, et indiqueront notamment comment répartir cet objectif entre les voitures légères et les voitures lourdes. Ils devraient également indiquer la gamme de sanctions proposées, pour les fabricants automobiles qui ne respecteront pas les limites.
Même s’ils sont d’accord, cela ne sera pas leur dernier mot. Les états membres et le Parlement Européen devront encore soutenir la législation.
Des fabricants automobiles allemands tels que BMW ou Mercedes-Benz fabriquent des véhicules plus lourds et leurs émissions augmentent alors que les fabricants français que sont Peugeot et Renault ou le fabricant italien Fiat, font des voitures plus légères dont les émissions réduisent considérablement ces dernières années.
Le Président de la Commission, Jose Manuel Barroso a convié les deux commissaires à un meeting mardi pour essayer de réconcilier leurs positions divergentes mais des différences persistent néanmoins, d’après certaines sources.
Mardi soir, les responsables de la commission se sont mis d’accord pour que les sanctions soient introduites progressivement sur plus de trois ans à partir de 2012, mais la durée exacte d’introduction n’a pas été précisée.
En demandant plus de temps, Sigrid de Vries de l’Association des Fabricants Automobiles Européens a déclaré : « L’industrie n’est pas contre une législation mais elle veut que ce système rigide soit rendu un peu plus flexible pour permettre la gestion des cycles de production et des évolutions du marché ».
Une source de l’Union Européenne a indiqué que les objectifs de réduction des émissions seraient sans doute partagés de manière plus ou moins égale entre les fabricants de voitures légères et ceux de voitures lourdes.