Le Secrétaire Général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a déclaré samedi que la visite de l’Antarctique et de l’Amazonie, lui avait permis de rentrer chez lui en ressentant personnellement le besoin crucial de lutter contre le changement climatique.
Près de 200 nations réunies à Bali sont parvenues à un accord pour lancer des discussions sur un pacte de lutte contre le changement climatique, mais seulement après un revirement de position de la part des Etats-Unis, qui a permis de sortir de l’impasse.
Ban Ki-moon, qui a fait du changement climatique une de ses priorités depuis sa prise de fonction en janvier dernier, s’est rendu le mois dernier au cap de l’Amérique du sud pour constater la fonte des glaciers et de l’Antarctique, où les températures ont atteint des niveaux records depuis 1800 ans. Il est aussi allé en Amazonie au Brésil, un pays leader du développement de biocarburants, des alternatives aux énergies fossiles.
« Cette visites m’ont également permis de conforter mes convictions personnelles. Cela m’a donné plus de pouvoir convaincant lorsque je parle aux autres personnes » a déclaré Ban Ki-moon, lors d’une interview à bord de son vol à destination de Jakarta, via Bali.
Le secrétaire général des Nations Unies s’est arrêté à Bali pour exhorter les négociateurs de la conférence des Nations Unies à sortir de l’impasse dans laquelle ils étaient embourbrés.
Les participants ont pu sortir de cette impasse peu après le discours de Ban Ki-moon, en approuvant une « feuille de route » pour deux ans de négociations sur un traité qui succédera au Protocole de Kyoto après 2012, en l’élargissant aux Etats-Unis et aux nations en développement telles que la Chine et l’Inde.
L’accord, atteint après deux semaines de négociations difficiles, a pu être trouvé après que Washington a arrêté de s’opposer à une proposition faite par le principal bloc de nations en développement, le G77, selon laquelle les pays riches devraient faire plus pour aider le monde en développement à lutter contre ses émissions croissantes de gaz à effet de serre.
Ban Ki-moon a contribué à informer les citoyens des dangers du changement climatique, qui est engendré selon le Groupe Intergouvernemental d’Experts des Nations Unies sur l’Evolution du Climat, par les activités humaines, et notamment par la combustion d’énergies fossiles qui produisent du dioxyde de carbone, le principal gaz à effet de serre.
« Si on regarde quelle était la situation l’année dernière, et même en début d’année, il n’y avait pas autant d’informations qui circulaient à propos du changement climatique » a déclaré Ban Ki-moon, qui s’est rendu dans près de 60 pays lors de sa première année à la présidence du Secrétariat Général des Nations Unies.
« C’est un moment déterminant pour moi et mon mandat en tant que secrétaire général » a déclaré Ban Ki-moon à Reuters, peu après l’annonce de l’accord à Bali, et avant qu’il n’embarque à bord de son avion pour rejoindre Jakarta.
« J’apprécie que tous les pays reconnaissent que c’est une question déterminante pour toute l’humanité, pour toute la planète Terre » a déclaré Ban Ki-moon, un ancien ministre des affaires étrangères de la Corée du sud.
Il a prévenu cependant qu’il restait beaucoup à faire. « C’est seulement un commencement, le commencement des négociations. L’année prochaine, nous devrons nous engager dans un processus de négociations beaucoup plus complexe et difficile ».
Ban Ki-moon s’est rendu pour la première fois cette semaine dans la jeune nation du Timor Oriental, qui était plongée dans le chaos l’an passé, lorsque des violences ont tué 37 personnes et déplacé des centaines de milliers de personnes. « C’est un grand défi. Presque un dixième de la population vit dans des camps actuellement » a indiqué Ban Ki-moon.