Les gouvernements sont parvenus à un accord samedi à Bali pour lancer les négociations pour adopter un nouveau pacte climatique, mais les groupes de défense de l’environnement ont déclaré que l’accord manquait de courage.
L’accord engage les Etats-Unis et la Chine à des objectifs de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre pour la première fois, et détermine un calendrier de deux ans de négociations qui mèneront à l’adoption à Copenhague en 2009 d’un pacte plus dur et plus large qui succédera au Protocole de Kyoto après 2012.
« C’est un moment déterminant pour moi et mon mandat en tant que secrétaire général » a déclaré le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon, à la fin du meeting de Bali.
« Les 188 pays ont reconnu qu’il s’agissait d’un moment déterminant pour toute l’humanité, pour toute la planète Terre ».
Les groupes de défense de l’environnement disent que l’accord manque de courage, étant donné que l’Union Européenne a abandonné la mention dans l’accord d’une recommandation aux pays riches d’accélerer la lutte contre le changement climatique.
Des délégués fatigués ont ovationné les Etats-Unis quand le premier émetteur de gaz à effet de serre au monde a cessé à la dernière minute de s’opposer à un accord après une nuit de discussions.
« Nous avons désormais l’un des calendriers de négociations les plus importants qui ait jamais été conclu sur le changement climatique » a déclaré James Connaughton, président du Conseil de la Maison Blanche sur la qualité environnementale.
Les Etats-Unis ont cessé de s’opposer aux demandes indiennes d’alléger les engagements des nations en développement dans un nouveau pacte. Le Président G.W. Bush avait en 2001 refusé de signer le Protocole de Kyoto, en disant qu’il exemptait à tort les nations en développement.
Samedi, les nations en développement ont bien accueilli l’accord.
« Ici à Bali, nous avons atteint un consensus, un consensus mondial pour tous les pays » a déclaré Hassan Wirajuda, ministre des affaires étrangères de l’Indonésie.
« Aucun pays n’a été exclu, dans un processus très inclusif, nous espérons qu’il fournira non seulement une bonne base mais aussi un élan dans les années à venir ».
Le Canada a soutenu la position des Etats-Unis selon laquelle les pays en développement n’ont pas offert de faire assez pour la lutte contre le changement climatique.
« 190 pays sont représentés ici. 38 d’entre eux ont accepté de se fixer des objectifs contraignants aujourd’hui, nous devons juste travailler sur des objectifs pour les autres pays » a déclaré John Baird, ministre de l’environnement du Canada.
Le Canada et les Etats-Unis ont rejeté à Bali un objectif de réduction des émissions chiffré, soutenu par l’Union Européenne, qui aurait guidé l’ambition des pays riches pour lutter contre le changement climatique.
L’Union Européenne a déclaré être satisfaite de l’accord, qu’elle considère comme un élément clé pour l’inclusion des outsiders de Kyoto, tels que les Etats-Unis.
« C’était exactement ce que nous voulions, et nous sommes en effet très satisfaits » a déclaré le chef négociateur de l’Union Européenne, Humberto Rosa. « Nous avons désormais devant nous deux années très chargées, qui commenceront en janvier ».
L’abandon de cet objectif de l’Union Européenne est la principale raison de la déception des écologistes, qui voulaient que les objectifs correspondent aux rapports des scientifiques.
« Les Etats-Unis ont tout fait pour saboter les négociations. Le Canada a lâché sur la fin. Le Japon et la Russie aussi se sont montrés réticents. En revanche, l’Inde et la Chine ont manifesté une vraie volonté de s’engager à partir de 2012 sur la lutte contre le changement climatique », analyse une membre de Greenpeace, présente à Bali.
« Cette conférence est globalement une grosse déception, même s’il y a eu de petites avancées, notamment sur la déforestation et la dégradation des sols. La maison brûle encore mais on a sauvé les meubles », conclut-elle.