Trois explorateurs britanniques ont repoussé d’un an leur voyage vers le Pôle Nord qu’ils devaient faire début 2008 pour essayer de déterminer quand la mer de glace d’été de l’Arctique disparaîtra à cause du réchauffement climatique.
Un porte-parole a déclaré vendredi que le leader de l’expédition et vétéran des explorations polaires, Pen Hadow, avait repoussé leur voyage à février 2009 pour étendre l’équipe de scientifiques et de sponsors impliqués dans l’aventure.
« Il faudra seulement quelques mois pour organiser cela. Mais cela signifie qu’il faudra reporter le voyage d’un an parce qu’il y a une saison en Arctique où nous pouvons faire ce voyage » a déclaré le porte-parole du groupe à Reuters. « Donc avec regret, Pen Hadow a pris cette décision ».
La glace se retire déjà à un taux de 300000 km² par an, soit environ la taille des Iles Britanniques, mais malgré certaines mesures satellites et sous-marins, il n’y a pas de mesure précise de la rapidité à laquelle la glace s’amincit.
La décision de repousser ce voyage intervient alors que les ministres de l’environnement des Nations Unies sont dans une impasse sur l’île indonésienne de Bali, alors qu’ils essayent de se mettre d’accord pour lancer un processus de deux ans de négociations pour trouver un successeur au Protocole de Kyoto de lutte contre le changement climatique, qui expire en 2012.
Les estimations de la disparition totale de la mer de glace d’été de l’Arctique vont de 16 à 100 ans, et l’expédition de quatre mois prévue par Pen Hadow avait pour but d’affiner ces estimations en réalisent des mesures précises de l’épaisseur de la glace à partir de la surface.
Les ours polaires et le niveau des mers du monde ne sont pas les seuls menacés par la disparition de la mer de glace d’été de l’Arctique. Alors que la glace se retire, les pays entourant la région commencent à revendiquer certains des richesses minérales et marines non exploitées de la planète.
La Russie a déjà revendiqué la moitié du fond marin de l’Arctique, où on estime que se trouvent 25% des réserves connues de gaz et de pétrole de la Terre, et l’ouverture en été du Passage du Nord Ouest au Canada pourrait réduire de plusieurs semaines les voyages maritimes allant de l’est vers l’ouest.
Les trois explorateurs, Pen Hadow, Ann Daniels et Martin Hartley, marcheront, nageront et skieront pendant plus de 2000 kilomètres, dans les conditions faisant partie des plus difficiles du monde, avec des températures allant jusqu’à –50°C, et en traînant derrière eux un radar qui fait des mesures en pénétrant dans la glace de manière régulière.
Ce radar spécialement conçu mesurera et transmettra les résultats de ces mesures concernant la profondeur de la neige et de la couche de glace, tous les 20 centimètres, fournissant ainsi 10 millions de mesures au cours du voyage.