Les pays en développement ont déclaré qu’is résisteraient à « la pression et même aux menaces » des pays développés pour accélérer la lutte contre le changement climatique, alors que les négociations des Nations Unies sur le changement climatique tiraient sur la fin vendredi.
Près de 190 nations étaient réunies à Bali, en Indonésie, pour des discussions qui devaient durer jusqu’au 14 mais qui se prolongeront certainement samedi, jour où le secrétaire général des Nations Unies fera une intervention non prévue à la conférence.
Le principal bloc de négociations des pays en développement, baptisé le G77, a déclaré qu’ils n’étaient pas prêts à faire de nouveaux efforts de lutte contre le changement climatique, en réduisant notamment leurs émissions provenant des énergies fossiles. Ils craignent que ces réductions affectent leur croissance économique qui doit sortir de la pauvreté des millions d’individus.
Mais le directeur du Secrétariat pour le changement climatique des Nations Unies s’est dit très optimiste à propos de l’issue de la conférence de Bali, qui a pour but de lancer un processus de deux ans de négociations pour se mettre d’accord sur un pacte qui succédera au Protocole de Kyoto à partir de 2013.
« Nous sommes sur le point d’aboutir à un accord. Nous ne sommes absolument pas dans une impasse » a déclaré Yvo de Boer aux journalistes.
« C’est un processus plus lent que ce que je pensais, mais les gens ont l’impression que c’est un voyage très important dans lequel ils se sont embarqués » a déclaré Yvo de Boer, directeur du Secrétariat des Nations Unies pour le Changement Climatique.
Le G77 comprend environ 150 pays en développement, dont la Chine et l’Inde, qui font partie des principaux émetteurs de gaz à effet de serre au monde.
Les pays en développement sont « sous une pression forte » car on leur demande de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, d’après le président du groupe, Munir Akram.
« Les pays en développement ont jusqu’à présent résisté à ce genre de pressions et même aux menaces que l’on nous fait pour que nous prenions des engagements » a-t-il déclaré, faisant référence aux menaces de sanctions commerciales par des pays développés.
« Les pays développés veulent que les pays en développement prennent des engagements. Je ne pense pas que ça soit possible » a déclaré Komi Tomyeba, un membre de la délégation du Togo.
Les Nations Unies veulent que les pays se mettent d’accord d’ici 2009 sur un nouveau pacte mondial. Cela impliquera toutes les nations, menées par les Etats-Unis, et inclura les grands pays en développement tels que la Chine, l’Inde et le Brésil.
Le Protocole de Kyoto engage toutes les nations industrielles à l’exception des Etats-Unis à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 5% en moyenne par rapport aux niveaux de 1990, d’ici 2008-2012.
Les pays riches devraient garder la tête de ce mouvement de réduction des émissions de gaz à effet de serre, a déclaré Munir Akram, en ajoutant que les Etats-Unis étaient le pays le plus hostile parmi les nations développées, à faire sa part du travail dans le cadre d’un nouveau pacte.
Les négociations avaient reçu plus tôt dans la journée de vendredi une nouvelle impulsion, alors que l’Union Européenne a mis fin à sa dispute avec les Etats-Unis à propos d’un objectif de réduction pour 2020, faisant ainsi renaître les espoirs à propos de la conclusion d’un accord pour lancer les négociations sur un nouveau traité.
L’Indonésie a suggéré que le texte final de Bali ne mentionne pas cet objectif proposé par l’Union Européenne, préconisant que les pays riches réduisent leurs émissions de gaz à effet de serre de 25 à 40% d’ici 2020. Ainsi la conférence a pu surmonter l’opposition des Etats-Unis.
Yvo de Boer a déclaré que le nouveau texte était sur la base d’un compromis parce qu’il mentionnait toutefois une directive, cohérente avec l’objectif de 2020 de l’Union Européenne, selon laquelle les émissions du monde doivent atteindre un pic d’ici 10 à 15 ans et doivent être réduites bien en dessous des niveaux de 2000 d’ici 2050.
On ne savait pas pour autant si les Etats-Unis et l’Union Européenne accepterait le texte proposé par l’Indonésie.
« Je sais qu’il y a certaines inquiétudes particulièrement parmi plusieurs pays à propos de cet objectif quantifié » a déclaré le Secrétaire Général Ban Ki-moon vendredi.