Le texte de compromis issu de la conférence de Bali sur le réchauffement climatique ne devrait pas donner d'objectifs contraignants aux pays riches de réduction importante des émissions de gaz à effet de serre (GES) d'ici 2020.
Selon l’agence de presse Reuters, qui a réussi à se procurer le texte de compromis qui sera issu de la conférence internationale sur le réchauffement climatique qui s’est tenue à Bali en Indonésie pendant 15 jours, ce texte ne devrait pas poser des objectifs contraignants de réduction importante des émissions de gaz à effet de serre (GES) aux pays riches d'ici 2020.
Le compromis de Bali, qui n’est encore ni officiel ni accepté par les Etats-Unis ou l’Union Européenne (UE), tenterait de résoudre le conflit entre les Etats-Unis et l'Union européenne sur les réductions des émissions de gaz à effet de serre. L'Union européenne veut toujours des objectifs contraignants pour 2020 pour les pays riches, mais pas les Etats –Unis.
Pour Stavros Dimas, commissaire à l’environnement de l’Union Européenne (UE), lors de son allocution à la conférence de Bali « il y a eu quelques avancées, mais il y a toujours des questions clés qui n’ont pas été résolues. » Seul accord important selon le commissaire, celui d’avancer le financement du transfert de technologies. « L’accord permet de tracer le chemin de l’élaboration d’un programme stratégique dans le cadre du Global Environment Facility pour s’approcher de ces investissements. Cela permettra d’aider les pays en développement à s’adapter au changement climatique et à le limiter.
C’est une évolution très positive parce que le transfert des technologies sera un élément important du nouvel accord climatique post-2012. » « L’Union Européenne a longtemps mené la lutte contre le changement climatique et continuera à le faire, » a t-il ajouté.
« Mais il est maintenant temps que les autres pays industrialisés se réveillent devant l’urgence de la situation et qu’ils fassent des avancées de leur côté, si cette conférence doit être le succès que nous voulons tous, et dont nous avons besoin. »
« Nous devons quitter Bali avec une feuille de route qui sera assez ambitieuse pour poser les fondations d’un accord post-2012 de lutte contre le changement climatique. » « Quelle est l’utilité d’une feuille de route, si elle ne comporte aucune direction ? » s’est interrogé le commissaire européen.
« Le Groupe Intergouvernemental d’Experts des Nations Unies sur l’Evolution du Climat (GIEC) nous encourage à agir rapidement pour réduire nos émissions de dioxyde de carbone. Cette année, qui a été importante en termes de politiques climatiques, nos dirigeants ont mis l’accent sur la nécessité d’une réponse politique adéquate ici à Bali.
Nous ne devons pas échouer à refléter cette nécessité dans le texte final de Bali. Pour être crédibles et efficaces, nos pays développés doivent prendre des mesures pertinentes par rapport à notre vision sur le long terme de la réduction des émissions mondiales d’ici 2050. »
« Cela signifie qu’une réduction indicative d’une réduction de 25 à 40% des émissions d’ici 2020 doit guider nos ambitions. Si les pays développés ne maintiennent pas cette ambition nous ferons peser un poids encore plus lourd sur les pays en développement. Cet objectif de réduction implique déjà des changements substantiels pour les pays en développement les plus avancés économiquement. »
« Cet objectif de réduction de 25 à 40% des émissions ne doit pas être mal interprété et on ne doit pas croire qu’il s’agit d’un engagement individuel pour chaque pays développé. C’est un objectif indicatif pour les émissions collectives futures des pays développés. Certains pays auront peut-être besoin de faire plus que d’autres. Un accord futur sur les contributions individuelles doit prendre en compte les situations variées des différents pays. »
« J’aimerais ajouter qu’il est important de fixer une date limite pour l’année 2009 concernant les négociations sur l’adoption d’un accord. Nous devons terminer notre travail sur la convention et sur un nouveau pacte au même moment afin d’avoir un résultat cohérent » a t-il aussi précisé.
Selon Reuters, le compromis de Bali qui « tente de mettre fin à un différend entre les États-Unis et l'Union européenne (…) maintient l'ambition de faire culminer les émissions de gaz à effet de serre au cours des 10 à 15 prochaines années et de les réduire d'ici 2050 de plus de 50% par rapport aux niveaux de 2000. »