Selon France Nature Environnement, trop de réserves de substitution tuent les réserves en eau ! Selon la fédération des associations de protection de l’environnement, plus de 100 projets de retenue pour maintenir la culture intensive du maïs en région Poitou-Charentes, dont 71 pour la seule Charente-Maritime, entre 50 et 100 qui seraient à prévoir selon le rapport dit « Roussel » sur les Bassins versants de la Sèvre niortaise et du Marais poitevin, à cheval sur Poitou-Charentes et Vendée : « un sens du partage de l’eau particulier ! Alors que les ressources en eau se font de plus en plus rares et dégradées, les agriculteurs « déplacent le problème » en s’appropriant la ressource, et en mettant les milieux aquatiques à leur merci. »
France Nature Environnement s’insurge donc contre la multiplication anarchique de ces retenues qui ne servent qu’à conforter des pratiques nocives pour les milieux naturels.
Selon Bernard Rousseau, responsable des politiques eau à France Nature Environnement, « il est nécessaire de définir des dispositions réglementaires strictes de prélèvements en hiver et d’étudier l’impact des projets cumulés à l’échelle des bassins versants ».
Pour France Nature Environnement, le manque d’eau est un problème récurrent, surtout dans les régions fortement marquées par l’agriculture intensive nécessitant une importante irrigation. Les cours d’eau souffrent en été, et malgré cela ils doivent subvenir à des besoins toujours plus importants : alimentation en eau potable, irrigation… ce qui remet en cause le maintien de leur bon fonctionnement biologique.
Les irrigants demandent à la société de régulariser une situation qui s'est mise en place dans les années 70 et 80 en dehors de toute concertation et sans que l'administration ait eu la possibilité de vérifier l'adéquation des volumes prélevés par rapport aux possibilités des milieux naturels. L'irrigation s'est développée sans évaluation des impacts cumulés et sans contrôle efficace de l'administration (rapport de l'IGE juin 2007).
Les réserves de substitution, réclamée avec véhémence par les agriculteurs, ont été imaginées « soi disant » pour améliorer la gestion de l’eau, notamment pour répondre aux problèmes estivaux d’assecs ; elles ne règlent en fait que la sécurisation de l’approvisionnement en eau pour l’irrigation !
Le déficit en eau est seulement déplacé dans la saison, précise France Nature Environnement, avec un pompage dans les cours d’eau et dans les nappes aquifères hors périodes de basses eaux, en substitution des prélèvements estivaux, sans réelles précautions pour respecter les crues utiles de l’hiver, et sans évaluation de l’effet cumulé des projets dans chaque bassin versant. Par ailleurs, nous constatons tous les jours que la qualité des milieux et de l’eau, y compris celle servant à l’AEP, ne s’améliore pas : les retenues ne permettent que de maintenir une agriculture intensive gourmande en eau et en polluants (nitrates, pesticides…). Leur intérêt économique n’est avéré que du point de vue des agriculteurs, qui trouvent là la solution parfaite pour pérenniser leur activité.
Selon France Nature Environnement, dautre part, le financement de ces réserves d’intérêt privé est réalisé à 70%, parfois plus, par des fonds… publics ! Mais tout le monde n’en profite pas : les céréaliers, seront une nouvelle fois les mieux servis. Dans chaque cas, le projet ne profite qu’à une minorité des agriculteurs du bassin. Cette minorité a néanmoins le soutien total et inconditionnel des élus locaux !
Toujours selon France Nature Environnement, il est impensable que les réserves de substitution soient présentées comme étant la solution exclusive aux problèmes de quantité d’eau, alors que la modification des assolements et la désirrigation sont au moins aussi efficaces, et ont l’avantage de préserver l’environnement !
Plus d’infos, voir la position du collectif Carg’eau sur les retenues de substitutions c’est sur cette page.