Les discussions des Nations Unies sur le changement climatique à Bali sont devenues dominées par les disputes pour savoir si un texte final ou une feuille de route de Bali, devrait omettre toute référence aux preuves scientifiques qui montrent que les nations riches devraient réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 25 à 40% en dessous des niveaux de 1990, d’ici 2020.
Toute édulcoration de cet objectif non contraignant mettrait en colère les nations en développement, qui demandent à ce que les nations riches fassent plus pour réduire leurs propres émissions de gaz à effet de serre.
La dispute sur cet objectif de 25 à 40% de réduction d'ici 2020 a fait de l’ombre à un meeting des ministres des finances qui avait lieu à Bali et aux célébrations du 10ème anniversaire du Protocole de Kyoto.
« Je comprends que c’est toujours dans le texte » a déclaré le Commissaire à l’Environnement de l’Union Européenne, Stavros Dimas à Bali.
« Bien sur, cet objectif est crucial pour l’Union Européenne, et non seulement pour elle, afin d’arriver à lutter de manière efficace contre le changement climatique, nous avons besoin de cet objectif de réduction pour les pays développés d’ici 2020".
« L’Union Européenne s’est fixée un objectif de 30% d’ici 2020, à condition que les autres pays développés la rejoignent, et est même prête à se fixer un objectif supérieur à 30% si c’est nécessaire » a-t-il indiqué.
La conférence de Bali a pour but d’engager toutes les nations à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre à partir de 2013, mais les nations pauvres veulent que les nations riches fassent plus avant qu’elles n’acceptent ces objectifs. Les délégués travaillent dur pour trouver une formulation qui conviendrait au monde en développement, et notamment à la Chine et à l’Inde.
Les Etats-Unis ont appelé lundi à abandonner toute référence à cette directive de 2020 pour les nations riches, en disant que cela nuirait au résultat des négociations.
L’Australie, dont le nouveau gouvernement a ratifié le Protocole de Kyoto la semaine dernière, est restée très évasive à propos de son soutien à cet objectif de 25 à 40% de réduction des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020.
« Le changement climatique est un défi mondial pour notre génération » a déclaré le nouveau Ministre de l’eau et du changement climatique de l’Australie, Peny Wong mardi à Bali.
Mais Penny Wong a refusé de dire si l’Australie soutenait l’introduction de ce qu’elle a appelé « un objectif intérimaire de réduction des émissions de 25 à 40% d’ici 2020 » dans le texte final.
« Nous sommes d’accord avec nos amis de l’Union Européenne et les autres nations qui disent que nous avons besoin d’un objectif intérimaire. L’Australie est d’accord avec cela, mais ce que nous avons fait c’est de mettre en place un processus pour déterminer quel sera cet objectif et comment nous suggérerons de l’atteindre ».
Le gouvernement du Premier Ministre Kevin rudd, qui devrait arriver à Bali mardi pour ses débuts sur la scène politique mondiale, a demandé une analyse de plusieurs sortes d’objectif de réduction des émissions.
D’après Hans Verolme du WWF, l’objectif de 25 à 40% pour 2020 est nécessaire pour que les nations industrielles montrent qu’elles sont engagées et déterminées à mener la lutte contre le changement climatique.
Les ministres des finances se réunissent à Bali mardi pour débattre de la façon dont le monde peut financer la lutte contre le changement climatique. Les ministres des finances d’environ 20 nations débattront de questions allant du potentiel des marchés du dioxyde de carbone pour aider à réduire les émissions industrielles de gaz à effet de serre provenant des énergies fossiles, aux incitations financières nécessaires pour que les individus mettent des panneaux solaires sur le toit de leur maison.
«Ce sont des questions bien trop importantes, on ne peut pas laisser les ministres de l’environnement s’en charger » a déclaré Nicholas Stern, ancien directeur économiste de la Banque Mondiale, qui a écrit un rapport disant que les coûts de la lutte contre le changement climatique pourraient être beaucoup moins importants que ceux engendrés si le monde ignore le problème.
« Il s’agit d’une croissance à faible taux de dioxyde de carbone et non d’une croissance faible » a-t-il ajouté.
Le Président de l’Indonésie, Susilo Bambang Yudoyono a déclaré aux ministres qu’ils devront jouer un rôle beaucoup plus important et actif dans la gestion du problème du changement climatique chez eux et à l’étranger.
« Vos délibérations aujourd’hui amélioreront notre compréhension de la façon dont on peut intégrer le changement climatique aux politiques fiscales ».