Le nombre de cas suspects liés à l'épidémie actuelle à la fièvre hémorragique à virus Ebola dans le district de Bundibugyo à l'ouest de l'Ouganda est passé à 93, avec 22 décès, a annoncé l’organisation mondiale de la santé (OMS).
Des analyses en laboratoire ont confirmé la présence d'une nouvelle espèce de virus Ebola dans 9 de ces cas. Quatre personnels de santé sont au nombre des victimes, ajoute l’OMS. Cinq comtés du district de Bundibugyo en Ouganda sont touchés par l’épidémie à virus Ebola, ce qui représente une population totale d'environ 250.000 personnes.
Jusqu'à présent, un total de 327 contacts ont été identifiés. Le traçage et le suivi de ces contacts sont réalisés avec la participation des équipes de santé des villages et une communauté de médecins.
Des quartiers d'isolement ont été créés dans les hôpitaux de Kikyo et Bundigugyo, et une formation a été dispensée aux personnels de la santé et aux agents auxiliaires dans les mesures de contrôle a mettre en place face à l'infection à virus Ebola, mais aussi à des pratiques d’inhumation appropriées.
Pour tenter d’endiguer l’épidémie à virus Ebola en Ouganda, plusieurs agences sont présentes sur le terrain, dont l'UNICEF, le Croissant-Rouge, Médecins sans frontières et l'OMS, apportent un appui aux autorités sanitaires en logistique et en fourniture de médicaments et d'équipement de protection individuelle.
La Société de la Croix-Rouge d’Ouganda (URCS) avait dépêché le 1er décembre dernier une équipe d'évaluation dans le district de Bundibugyo pour appuyer le Ministère de la Santé à contenir la maladie mortelle Ebola. En plus du personnel, environ 100 bénévoles étaient impliqués dans ces opérations. Ces volontaires qui ont travaillé sur le virus Ebola à Gulu avaient l'expérience nécessaires dans le traitement des personnes atteintes par cette maladie.
De son côté, arrivée le 1er décembre à Bundibugyo en Ouganda, une équipe de MSF a mis en place deux unités d'isolement à Bundibugyo et à Kykyo. MSF travaille en collaboration avec les autorités ougandaises, l’OMS et d'autres organisations. MSF forme le personnel aux mesures à prendre contre l'Ebola et distribue du matériel de protection : face à un virus qui se transmet par les fluides corporels, ceux qui s'occupent des malades courent un risque élevé de contracter la maladie.
A Bundibugyo, quatre membres du personnel soignant du centre de santé ont déjà été contaminés, ainsi que certains accompagnants qui dormaient à côté des malades. La fièvre hémorragique Ebola est une maladie très contagieuse pour laquelle il n'existe, à ce jour, aucun traitement, et les souches de virus connues à ce jour entraînent le décès du malade dans 50 à 90% des cas. Selon MSF, afin de contenir l'épidémie, il faut aussi rechercher les personnes qui ont été en contact avec des malades et les autres lieux où des cas ont été détectés.
Enfin, des études épidémiologiques de cette nouvelle souche Ebola, qui a été détecté dans cette épidémie devraient prochainement être entreprises. L'OMS conseille aussi de maintenir l'absence d'indication sur des restrictions de voyages ou de relation commerciale avec l'Ouganda. A ce jour, deux autres localités en Ouganda auraient eu des patients présentant des symptômes de la maladie Ebola, mais cela reste à confirmer par les tests en laboratoires.