Les chances pour que les nations en développement comme la Chine acceptent de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre se sont encore amoindries vendredi, alors que les représentants de 190 nations sont réunis à Bali pour une conférence des Nations Unies qui cherche à poser les bases d’un nouvel accord mondial de lutte contre le changement climatique.
« Rien n’a été décidé » a déclaré Yvo de Boer, directeur du Secrétariat des Nations Unies pour le Changement Climatique lors des négociations de Bali qui ont lieu du 3 au 14 décembre sur l’île de Bali en Indonésie.
« Les engagements contraignants pour les nations en développement n’ont pas encore été totalement écartés mais ils s’éloignent de plus en plus » a-t-il déclaré à propos de la probabilité pour que les nations en développement acceptent de s’allier à de nombreux pays riches pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.
Les négociations ont pour but de définir une sorte de feuille de route pour mettre au point un accord climatique plus large et plus ambitieux que le Protocole de Kyoto. Ce nouvel accord devrait être rédigé d’ici 2009, pour qu’il puisse être applicable en 2013, après l’expiration du Protocole de Kyoto. Les Nations Unies prévoient que le changement climatique se traduira entre autre par plus de canicules, de sécheresses et par l’augmentation du niveau des mers.
Les délégués doivent trouver les mots justes qui conviendront à la fois aux pays riches tels que les Etats-Unis et le Japon, qui veulent que les nations en développement s’engagent davantage dans la lutte contre le changement climatique, et aux nations en développement telles que la Chine et l’Inde, qui veulent être payées ou compensées pour accomplir de tels efforts.
« Les négociations à propos de l’avenir se passent très bien » a ajouté Yvo de Boer, en parlant de l’ensemble des négociations sur le nouveau pacte mondial.
Yvo de Boer a déclaré que la plupart des nations riches semblaient penser qu’il était trop tôt pour s’attendre à ce que les nations en développement limitent leurs émissions. Les émissions de gaz à effet de serre de la Chine par tête sont environ de 4 tonnes, alors qu’elles sont de 20 tonnes aux Etats-Unis.
De nombreuses nations en développement disent qu’elles essaieront tout au plus de limiter l’augmentation de leurs émissions mais veulent recevoir des incitations financières telles que des technologies propres et de l’aide. Près d’une douzaine de ministres du commerce se réuniront à Bali ce week-end.
Le Protocole de Kyoto engage 36 nations industrialisées à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, provenant principalement de la combustion des énergies fossiles, de 5% par rapport aux niveaux de 1990 d’ici 2008-2012.
Les Etats-Unis s’opposent à Kyoto, en disant qu’il nuirait à l’économie de leur pays et qu’il exclut à tort les nations en développement des objectifs de réduction des émissions.
Yvo de Boer a déclaré qu’un grand changement dans le monde des finances était nécessaire, faisant référence à un rapport des Nations Unies publié en août qui prévoyait que des investissements nets annuels de 200 à 210 milliards de dollars étaient nécessaires d’ici 2030 pour limiter les émissions.
Yvo de Boer a déclaré que « les investissements devront aller dans des secteurs où ils ne sont jamais allés ».
A l’extérieur du centre de conférence de Bali, plus d’une vingtaine de représentants de groupes indigènes ont organisé une manifestation, en portant des costumes et en protestant car ils n’avaient pas eu le droit d’accéder au centre de conférence pour une réunion prévue à l’avance.
Les groupes indigènes ont peur d’être marginalisés par un schéma en cours de discussion à Bali, qui permettrait aux nations en développement de gagner de l’argent en vendant des crédits de dioxyde de carbone pour protéger leurs forêts tropicales.
Yvo de Boer a félicité la Chine pour son rôle « constructif » qu’elle tient pendant les discussions. La Chine voudrait réduire la quantité de gaz à effet de serre émise par unité de PIB, et aimerait augmenter la part d’énergies renouvelables dans sa consommation totale d’énergie.