Les Nations Unies ont félicité jeudi le comité du Sénat des Etats-Unis pour avoir faire un pas en avant dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre, alors que Washington a confirmé être toujours opposé aux réductions.
« C’est un signe très encourageant de la part des Etats-Unis » a déclaré Yvo de Boer, directeur du Secrétariat des Nations Unies pour le Changement Climatique, lors de la conférence de Bali en Indonésie qui réunit 190 nations, à propos du vote organisé par le Comité du Sénat pour les Travaux Publics et pour l’Environnement.
La déclaration d’Yvo de Boer n’a fait qu’amplifier la situation d’isolement dans laquelle se sont placés G.W. Bush et son administration lors des discussions de Bali qui durent du 3 au 14 décembre.
A Washington, le comité du Sénat a approuvé à 11 voix contre 8 mercredi une législation définissant un système de bourse du dioxyde de carbone pour l’industrie, les centrales électriques et le transport. Le projet de loi va être débattu devant la totalité du Sénat puis sera soumis au vote.
« Cela n’altérera pas notre position ici » a déclaré le directeur de la délégation climatique des Etats-Unis à Bali, Harlan Watson, à propos du vote. G.W. Bush s’est toujours opposé à des réductions obligatoires des émissions de gaz à effet de serre, préférant à la place des investissements importants dans les technologies propres.
Et Harlan Watson a déclaré que Washington menait sa propre lutte contre le changement climatique en invitant les grandes économies à Honolulu à Hawaii le mois prochain pour des discussions sur le changement climatique, après un premier meeting qui a eu lieu en septembre à Washington. Il a déclaré que ce deuxième meeting serait sûrement organisé du 29 au 30 janvier 2008.
G.W. Bush veut que les 17 plus grands pollueurs, représentant plus de 80% des émissions de gaz à effet de serre émis dans le monde, se mettent d’accord sur de nouveaux objectifs climatiques d’ici la fin de l’année 2008, soit juste avant que G.W. Bush ne quitte ses fonctions présidentielles, et participent ainsi au nouveau pacte des Nations Unies qui devrait être rédigé d’ici la fin de l’année 2009.
« Les choses se passent bien ici » a déclaré Yvo de Boer à propos des négociations de Bali, qui cherchent un moyen d’engager plus fermement toutes les nations dans la lutte contre le changement climatique, y compris les Etats-Unis et les nations en développement tels que la Chine et l’Inde.
G.W. Bush a déclaré que Kyoto nuirait à l’économie américaine et excluait à tort les nations en développement d’objectifs de réductions des émissions jusqu’à 2012.
Par ailleurs, plus de 200 scientifiques climatiques du monde entier ont encouragé les nations participant à la conférence de Bali à fixer des limites d’émissions plus importantes et plus strictes.
Ils ont déclaré que les gouvernements avaient une sorte de fenêtre météo de seulement 10 ou 15 ans pour faire en sorte que les émissions mondiales de gaz à effet de serre atteignent un sommet puis déclinent, et que l’objectif final devrait être une réduction d’au moins 50% des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050.
« Nous savons que c’est un défi significatif pour la communauté mondiale » a déclaré le Professeur Andy Pittman, de l’Université de la Nouvelle-Écosse du Sud en Australie. « Mais il est nécessaire de réduire les risques d’un changement climatique dangereux ; et c’est ce que nous essayons de faire ici ».
Le Professeur Diana Liverman de l’Université d’Oxford en Grande-Bretagne a déclaré que le monde pouvait déjà observer les impacts substantiels du réchauffement climatique, mais qu’un réchauffement de 2°C des températures mondiales aurait des conséquences encore plus graves en Afrique, en Australie, dans les régions polaires et dans les îles du Pacifique.
A l’extérieur du centre de conférence de Bali, huit activistes déguisés en ours polaires, menacés par la fonte de la glace Arctique, portaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire « Les Humaines ont également besoin d’aide ».
Par ailleurs, le WWF a fait savoir que 55% de la forêt amazonienne pourrait avoir disparu ou être sérieusement endommagé d’ici 2030, à cause du changement climatique et de la déforestation.