La conférence de Bali qui réunit 190 nations a avancé lentement mardi vers un nouvel accord mondial de lutte contre le réchauffement climatique –qui doit être rédigé d’ici 2009- alors que les délégués se disputent pour savoir à quel point la Chine et l’Inde devraient réduire leurs émissions de gaz à effet de serre actuellement en augmentation constante.
Yvo de Boer, le directeur du Secrétariat des Nations Unies pour le Changement Climatique, a encouragé les 10000 participants à la Conférence du Bali, qui dure du 3 au 14 décembre, à progresser vers le lancement de négociations officielles d’un pacte climatique de long terme qui succéderait au protocole de Kyoto des Nations Unies.
« Mais dans ce processus, le plus difficile ce sont les détails » a-t-il avertit dans une interview pour Reuters, au centre de conférence de Bali.
Les gouvernements ont formé un « groupe spécial » pour étudier les options pour les négociations prévues qui devraient inclure les Etats-Unis et les nations en développement telles que la Chine et l’Inde, de manière plus ferme dans la lutte contre le changement climatique après 2012.
La conférence a également lancé l’étude des manières de faire plus pour transférer des technologies propres, telles que les panneaux solaires ou les éoliennes, aux nations en développement. Un tel transfert est la clé pour obtenir un engagement plus important de la part des nations en développement pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.
Le Protocole de Kyoto engage actuellement 36 nations (bientôt 37 avec l’Australie) à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 5% en moyenne en dessous des niveaux de 1990 d’ici 2008-2012, afin de limiter les sécheresses, les inondations, les canicules et l’augmentation du niveau des mers.
Mais il y a eu quelques désaccords à propos de la façon dont il faut partager les responsabilités après Kyoto et certains écologistes accusent le Japon et le Canada d’attendre trop de la Chine et de l’Inde.
Le Canada a déclaré que « pour être efficace, un nouvel accord international doit inclure des obligations de réductions des émissions de l’ensemble des grandes économies polluantes ». Le Canada n’a par ailleurs pas évoqué des réductions plus importantes des émissions des pays riches au-delà de 2012.
Pour sa part, le Japon a appelé lundi toutes les parties à participer de manière efficace et contribuer de manière substantielle à la lutte contre le changement climatique. Un responsable du Japon a déclaré qu’il était « essentiel » que la Chine et l’Inde soient impliquées.
« Le Canada et le Japon ne parlent pas de réductions obligatoires de leurs propres émissions après 2012 » a relevé Steven Guilbeault du groupe de défense de l’environnement Equiterre. « Ils essayent de transférer les responsabilités à la Chine et à l’Inde ».
Les groupes d’écologistes ont attribué au Japon une « récompense », en lui décernant le « Prix Fossile du Jour », qui est donné chaque jour de la conférence à la nation accusée de freiner les négociations.
Yvo de Boer a minimisé les objections des écologistes, en disant que toutes les nations exposaient des idées intéressantes. « Un contrat de mariage n’est pas quelque chose dont on peut discuter lors du premier rendez-vous » a-t-il déclaré. « Aucune proposition n’a encore été faite de façon officielle ».
La Chine et l’Inde disent qu’elles ne peuvent limiter leurs émissions car elles ont besoin des énergies fossiles pour mettre fin à la pauvreté dans leur pays. Elles affirment que les nations riches devraient diminuer davantage leurs émissions.
Les négociations de Bali cherchent à définir un mandat pour élargir Kyoto à toutes les nations après 2012. Des cinq plus grands émetteurs de gaz à effet de serre au monde, seuls la Russie et le Japon sont membres de Kyoto. Les Etats-Unis n’ont pas ratifié le pacte, tandis que la Chine et l’Inde sont exempts de toute réduction.
D’après Yvo de Boer, la conférence de Bali ne devraient pas se focaliser seulement sur le lancement de nouvelles négociations.
Les nations en développement s’inquiètent du fait que des questions plus immédiates -telles que les moyens de les aider à gérer les sécheresses, les inondations et l’augmentation du niveau des mers- puissent « être oubliées dans tout cet enthousiasme à propos du futur » a-t-il indiqué.