Les Etats-Unis et l’Union Européenne ont lancé une proposition lors des négociations sur le commerce mondial vendredi, visant à contrer le changement climatique en enlevant les barrières à l’échange des technologies liées à la lutte contre le changement climatique.
« Les membres de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) ont une opportunité sans précédent de répondre d’une manière concrète et significative au défi mondial environnemental du changement climatique » a déclaré la Représentante au Commerce Susan Schwab dans un communiqué.
« En éliminant les barrières tarifaires et non-tarifaires pour les biens et les services liés à l’environnement, et notamment les technologies d’énergies propres, nous pouvons réduire les coûts et augmenter l’accès mondial et l’utilisation de ces produits très importants » a-t-elle ajouté.
Cette proposition émise lors du sommet de Doha sur le commerce mondial intervient alors que les délégués de 190 nations sont sur le point de se réunir à Bali en Indonésie, du 3 au 14 décembre, pour essayer de lancer des négociations séparées sur un nouveau pacte pour gérer le changement climatique. L’objectif est de rédiger un successeur au Protocole de Kyoto des Nations Unies, qui engage 36 nations industrielles à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 5% en-dessous des niveaux de 1990, d’ici 2008-2012.
Les responsables de l’Union Européenne ont qualifié cette proposition conjointe avec les Etats-Unis d’une « partie importante de la contribution des Etats-Unis et de l’Union Européenne » au meeting des ministres du commerce du 8 et 9 décembre qui sera également organisé à Bali, en conjonction avec les négociations sur le changement climatique.
Le Président G.W. Bush a annoncé peu après avoir pris ses fonctions présidentielles en 2001 que les Etats-Unis ne rejoindraient pas le Protocole de Kyoto parce qu’il excluait à tort les grands pays en développement tels que l’Inde et la Chine, qui sont une source croissante d’émissions de gaz à effet de serre.
G.W. Bush a déclaré mercredi que le principe de base des Etats-Unis lors des négociations de Bali serait de trouver un moyen de réduire les émissions de gaz à effet de serre qui « ne nuise pas à la croissance économique ou qui n’empêche pas les nations de fournir une grande prospérité à leur peuple ».
Le commerce mondial des biens liés à l’environnement couvert par la proposition des Etats-Unis et de l’Union Européenne a généré 613 milliards de dollars en 2006, avec une augmentation des exportations de 15% par an, d’après les responsables du commerce des Etats-Unis.
La Banque Mondiale a estimé que l’abaissement des barrières tarifaires et non-tarifaires pour les technologies d’énergie propres et liées au changement climatique, pourrait engendrer une augmentation du commerce de ces biens de 7 à 14% par an, et aiderait à réduire les émissions de gaz à effet de serre, d’après les responsables commerciaux des Etats-Unis.
La proposition des Etats-Unis et de l’Union Européenne encourage tous les membres de l’Organisation Mondiale du Commerce à éliminer les barrières tarifaires freinant 43 technologies liées au changement climatique et identifiées par la Banque Mondiale, tels que les panneaux solaires ou les éoliennes.
Un plus petit groupe de pays en développement, ou développés négocieraient un accord sur les biens et services liés à l’environnement plus large, qui inclurait les biens liés au contrôle de la pollution de l’air, à la gestion des déchets dangereux, de l’eau propre et d’autres objectifs environnementaux, d’après un responsable du commerce des Etats-Unis.
La proposition libéraliserait également le commerce des services liés à l’environnement, tels que la surveillance de la pollution, le nettoyage des sites de déchets dangereux, et la production d’énergie renouvelable, d’après les responsables.
Les Etats-Unis et l’Union Européenne sont des exportateurs très importants de biens et de services liés à l’environnement, mais l’Inde et la Chine sont actuellement en train de développer une grande capacité, d’après les responsables américains et européens.
Le sommet de six ans de Doha sur les négociations pour le commerce mondial a montré quelques signes de progrès ces derniers mois, mais beaucoup d’experts restent sceptiques quant à la conclusion prochaine d’un accord.
Cependant, il est possible que les pays puissent atteindre un accord pour libéraliser le commerce des biens et des services liés à l’environnement, même si les négociations de Doha échouaient, d’après un responsable américain du commerce.