Les consommateurs américains conduisent des voitures fonctionnant au gaz plus grosses, et achètent plus de réfrigérateurs et de systèmes de climatisation, alors que l’efficience énergétique dans l'ensemble de ce genre de produit s’améliore, d’après un rapport publié mardi.
Ainsi, un étrange processus s'est mis en place aux Etats-Unis, que l'étude a baptisé « le paradoxe de l’efficience énergétique » : les consommateurs utilisent l’argent qu’ils économisent grâce à une meilleure efficience énergétique, pour le dépenser dans des véhicules ou des objets électriques plus volumineux ou en en achetant de plus grandes quantités, consommant finalement de cette façon plus d’énergie.
Ce paradoxe de l’efficience énergétique n’est pas constaté qu’aux Etats-Unis. « Le paradoxe est vrai pour tout pays développé » a déclaré Benjamin Tal, économiste au CIBC World Markets, qui a réalisé l’étude.
L’étude conclut en disant que des régulations plus strictes sur l’efficience énergétique ne sont pas la réponse au changement climatique et à la diminution des ressources en pétrole parce que les consommateurs appréhendent une meilleurs efficience énergétique de la même manière qu'une diminution des impôts.
« Parce que vous obtenez une "réduction d’impôt", vous "conduisez" plus » a déclaré Benjamin Tal.
L’étude a également découvert que la consommation d’énergie avait augmenté de 40% entre 1975 et 2005, tandis que l’efficience énergétique s’était améliorée sur la même période. Les secteurs qui enregistrent la plus grande augmentation de la consommation d’énergie – à savoir le transport et l’habitation - sont également ceux pour lesquels le gouvernement américain promeut le plus l’efficience énergétique.
Ainsi, pardoxalement, le kilomètrage moyen effectué par litres d’essence a augmenté depuis 1980, mais les américains ont répondu à cette augmentation de l’efficience énergétique en conduisant des véhicules plus imposants et en faisant plus de kilométrages.
En effet, l’américain moyen effectuait plus de 15200 kilomètres en une année en 1970. Aujourd’hui, le conducteur moyen aux Etats-Unis parcoure plus de 19200 kilomètres en un an.
L’énergie utilisée pour chauffer et refroidir les maisons augmente également du fait de l’augmentation de la taille des maisons moyennes des américains. L’étude montre que la superficie de la maison moyenne aux Etats-Unis est passé de 90 m² à 225m². Par ailleurs, de plus en plus de ménages achètent des systèmes de climatisation.
Benjamin Tal pense qu’une des solutions à ce paradoxe de l’efficience énergétique est de fixer un prix pour les émissions de gaz à effet de serre au moyen d’un système de bourse du dioxyde de carbone.