Les individus du monde entier se préparent actuellement à affronter des inondations, des sécheresses et d’autres catastrophes naturelles, avec des moyens largement dictés par la richesse ou la pauvreté, alors que le changement climatique est de plus en plus évident, d’après un rapport des Nations Unies publié mardi.
Même si les pays prenaient immédiatement des mesures pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, les températures mondiales continueraient à augmenter jusqu’en 2050, à cause des émissions de dioxyde de carbone accumulées dans l’atmosphère, d’après le rapport du Programme de Développement des Nations Unies. EN conséquence, les catastrophes naturelles liées au climat seront plus fréquentes.
« Tous les pays devront s’adapter au changement climatique » indique le rapport publié à Brasilia mardi.
Tout comme les nombreuses régions de basse altitude des Pays-Bas, la ville de Maasbommel sera très vulnérable aux inondations à cause de l’augmentation du niveau des mers et des fleuves. Malgré un système sophistiqué de digues, les habitants ont construit 38 maisons dont les fondations cachées sont consolidées avec des pilotis en acier qui leur permettent de flotter en cas d’inondations.
Dans le delta du Mekong au Vietnam, une des région les plus vulnérables au changement climatique, les habitants essayent également d’anticiper les conséquences du changement climatique, c’est-à-dire les inondations qui seront provoquées par les tempêtes dans la Mer de Chine.
Les vietnamiens ont reçu des gilets de sauvetage et ont appris à nager grâce à un programme sponsorisé par des groupes humanitaires, d’après le Programme de Développement des Nations Unies.
Le contraste entre leurs pilotis en bambous, leurs digues construites sommairement, et le système de défense contre les inondations de Maasbommel, illustre à quel point le changement climatique renforce les « inégalités mondiales à plus grande échelle », a déclaré Kevin Watkins, principal auteur du rapport.
Alors que les individus habitant dans des pays riches peuvent compter sur l’investissement public, ceux qui vivent dans des pays pauvres doivent agir par eux-mêmes et ne peuvent que compter sur leurs propres capacités d’adaptation, d’après le rapport.
« Laisser le monde pauvre nager ou couler avec ses propres ressources face à la menace posée par le changement climatique est mal moralement » a déclaré le lauréat du Prix Nobel de la Paix, Desmond tutu d’Afrique du sud, dans le rapport.
La Grande-Bretagne a dépensé 1,2 milliards de dollars annuellement pour élaborer des systèmes de défense contre les inondations, et prévoit d’investir 8 milliards de dollars pour protéger la Tamise.
L’état de Californie aux Etats-Unis investit dans le recyclage de l’eau et dans l’efficience alors qu’elle prévoit une réduction des chutes de neige dans la Sierra Nevada, une source d’eau importante, de 37% d’ici 2035-2064, et de 79% d’ici 2070-2090, d’après le rapport.
Alors que les Pays-Bas comptent 14 stations météo pour 10000 km² pour surveiller le climat, et que la Grande-Bretagne en compte 7 pour 10000 km², les pays d’Afrique en ont moins d’une en moyenne.
Pourtant, certains projets pilotes dans les pays en développement montrent que des mesures peu chères peuvent faire la différence. Un simple système de surveillance qui prévient les agriculteurs de la pluie par exemple, a permis d’augmenter la productivité au Mali d’après le rapport.
Le Programme de Développement des Nations Unies demande aux pays riches d’honorer leurs promesses quant à l’aide pour le changement climatique qu’ils ont promis d’apporter aux pays pauvres.