La lutte contre le tabac, entreprise depuis plusieurs années, a permis une prise de conscience des maladies liées au tabagisme comme le cancer. Mais il n’en est pas de même sur l'association alcool et tabac qui n’a pas « bénéficié » des mêmes efforts législatifs ou de campagnes de sensibilisation.
Or, un article signé par le Professeur Michel Reynaud, chef du service de psychiatrie et d’addictologie de l’hôpital Paul Brousse, publié par le Figaro indique que « le problème de la dépendance le plus massif en France est lié à l’alcool ». Selon lui, « 4 millions de personnes (en France) ont une consommation pathologique ou problématique (d’alcool) et 1,5 million en sont dépendantes strico sensu ».
Alors que le tabac est la deuxième grande addiction en France avec 30 à 35% de fumeurs réguliers, l'association alcool et tabac ne bénéficie pas des mêmes efforts de communication sur son caractère néfaste pour la santé et la prévention du cancer.
Ainsi, l’Institut National du Cancer devrait prochainement lancer des campagnes d'information sur les facteurs de risques liés à l'association alcool et tabac pour le développement de nombreux cancers.
Selon l'Académie nationale de médecine, le « tabac reste, à l’orée du XXIe siècle, la principale cause de cancer (29 000 décès, soit 33% des décès par cancer chez l’homme ; 5 500 décès, soit 10% des décès par cancer chez la femme). La lutte contre le tabac, malgré les progrès effectués, reste prioritaire. L’alcool est à l’origine d’environ 9% des décès par cancer chez l’homme et 3% chez la femme. Ainsi, malgré les efforts effectués, tabac et alcool restent à l’origine de 28% des décès par cancer. »
De plus, outre les phases de communication, l’Institut National du Cancer estime aussi dans un récent rapport qu’un « objectif ambitieux pour notre pays serait de réduire très significativement la mortalité par cancer en France en renforçant les dispositifs de diagnostic précoce des cancers les plus fréquents, susceptibles de diagnostiquer, traiter et guérir de 3000 à 4000 personnes par an pour chaque million de personnes dépistées. »
Il s’agit dans ce cas de dépister des « tumeurs au début de leur développement, qui modifient notre connaissance des pathologies tumorales, leur biologie, leur pronostic et leur traitement. »
Rappelons qu’en 2004, le cancer arrivait pour la première fois en tête des causes de décès selon le Bulletin épidémiologique hebdomadaire du 18 septembre 2007. Sur les 509 408 décès toutes causes confondues (750,1 décès pour 100 000 habitants), 152 708 sont attribuable à un cancer (227,5/100 000) et 147 323 à une maladie cardio-vasculaire (214,4/100 000).