Les scientifiques marins ont demandé dimanche que 2 à 3 milliards de dollars soient consacrés à l'étude des menaces qui pèsent sur l'océan, telles que l’excès de pêche et le changement climatique.
Un meilleur réseau de satellites, de moniteurs de tsunami, de sondes robotiques ou de marquages électroniques sur les poissons pourraient aussi aider à diminuer l’impact des catastrophes naturelles, de la pollution ou des invasions d’algues, d’après eux.
« Ce n’est pas impossible, ça peut être réalisé » a déclaré Tony Haymer, directeur de l’Institut d’Océanographie Américaine et président du partenariat pour l’Observation des Océans Mondiaux (Partnership for Observation of the Global Oceans (POGO)).
Il a déclaré à Reuters que 2 à 3 milliards de dollars suffiraient largement pour couvrir les frais pour la recherche sur l’océan, à l’exception des satellites plus coûteux. De nouvelles technologies sont moins chères et signifient que la surveillance à l’échelle du monde des océans peut encore être possible.
« De nombreux appareils bons marché peuvent désormais être répartis dans les océans, dans certains cas sur les animaux, dans d’autres sur les fonds marins » a déclaré Jesse Ausubel, un directeur du Census of Marine Life, qui essaye de décrire la vie dans les océans.
Le POGO veut que le meeting du Group on Earth Observations (GEO), qui regroupera 72 nations membres à Cape Town du 28 au 30 novembre, examine sa proposition d’un financement de 2 à 3 milliards de dollars pour une étude générale sur les océans, dans le cadre d’un effort à plus grande échelle pour améliorer la compréhension de la planète d’ici 2015.
Le GEO cherche à établir un lien entre toutes les observations scientifiques de la planète pour en tirer des bénéfices pour la société dans des domaines tels que l’énergie, le climat, l’agriculture, la biodiversité, les ressources en eau et les conditions météorologiques.
L’océan a été « relativement ignoré » jusqu'à présent par rapport à la terre ou à l’atmosphère, d’après Howard Roe, un directeur du Centre National d’Océanographie Britannique, et ancien président du POGO.
« Il y a une expression bien connue qui dit que nous en savons plus à propos de la surface de la lune qu’à propos des profondeurs des océans. C’est vrai. Les océans sont virtuellement non explorés » a-t-il déclaré à Reuters.
Parmi les projets de recherche sur les océans, le POGO souhaite augmenter le nombre de sondes robotiques, connues sous le nom d’Argos, et qui mesurent les conditions menant au changement climatique. On compte actuellement 3000 sondes robotiques et le POGO voudrait pouvoir en disposer de 30000.
Par ailleurs, les scientifiques disent qu’ils veulent étendre un réseau de marquage électronique des poissons pour comprendre leurs migrations et donner des éléments pour déterminer la surpêche.
«D’après mes estimations pour 50 à 60 millions de dollars par an, le monde pourrait se doter d’un système mondial, un réseau de pistage des océans qui pourrait suivre les requins du Cape Town au Perth, ou suivre le thon de Miami à Southampton » a indiqué Ausubel.
Par ailleurs, une meilleure surveillance des océans pourrait permettre d’obtenir des alertes de tempêtes plus avancées et plus précises, ainsi que des alertes au tsunami.
« 2012 sera le centenaire du naufrage du Titanic. Je pense que le Capitaine Smith serait déçu de voir l’hésitation continue à instaurer un système d’observation des océans » a conclut Ausubel.