Les solutions proposées pour résoudre le problème du réchauffement climatique ont besoin de plus de recherches scientifiques avant d’être appliquées, d’après un avertissement lancé par l’UICN.
cet avertissement concerne notamment une nouvelle méthode pour combattre le réchauffement climatique qui consiste à rejeter du fer dans la mer, et selon l'UICN cette méthode de fertilisation des océans a besoin d’être traitée avec beaucoup de prudence.
Ni la sécurité ni l’efficacité de la fertilisation des océans – en ajoutant du fer ou un autre micronutriment dans la mer pour encourager la croissance du plancton- n’ont été établies et la méthode ne devrait pas être considérée comme un remède au réchauffement climatique avant qu’elles ne l’aient été, d’après un communiqué de l’UICN.
Cet avertissement est basé sur une Déclaration d’Inquiétude endossée par les Parties lors de la Convention de Londres et du Protocole de Londres, les accords internationaux qui régulent le rejet des déchets et d’autres matières dans la mer et les océans.
D’après le communiqué de presse de l’Organisation Maritime Internationale daté du 16 novembre 2007, les Parties de la Convention et du Protocole ont adopté de manière unanime la Déclaration d’Inquiétude de Juin 2007 publiée par leurs conseillers scientifiques, selon laquelle « les informations à propos de l’efficacité et des impacts potentiels sur l’environnement de la fertilisation des océans avec du fer sontt insuffisants pour justifier des opérations à grande échelle ».
L’idée de cette méthode est que les micronutriments tels que le fer ou l’urée stimuleront la croissance du plancton dans la mer, qui peut absorber de grandes quantités de dioxyde de carbone présents dans l’atmosphère. De nombreux scientifiques ont critiqué la technologie basée sur les études montrant peu voire aucun potentiel pour une séquestration à long terme, mais une grande possibilité de dommages sur l’environnement marin.
Ils ont également fait remarquer la possibilité pour que la fertilisation de l’océan puisse conduire à des changements climatiques plus importants en stimulant la production de gaz à effet de serre beaucoup plus puissants, tels que le méthane ou l’oxyde nitrique. Cependant, certaines compagnies promeuvent déjà actuellement cette méthode et vendent des compensations de dioxyde de carbone au public pour soutenir la recherche dans ce domaine.
Le rapport du Groupe de Travail III du GIEC sur les Solutions au Changement Climatique qualifie la fertilisation de l’océan de « spéculative et non prouvée, avec le risque d’effets secondaires non connus ».
Dans cette optique, les Parties présentes à la Convention et au Protocole de Londres appellent à une étude plus approfondie de la question d’un point de vue scientifique et juridique » et « demande aux états de se montrer très prudents quand ils envisageront les propositions pour des opérations à grande échelle de fertilisation des océans ».
Kristina Gjerde, conseillère pour la Politique concernant les Hautes Mers pour l’UICN a déclaré « Les technologies spéculatives et les marchés volontaires non régulés pour les compensations de dioxyde de carbone sont une menace potentielle. Cette déclaration d’inquiétude envoie un message clair aux gouvernements, qui devront bientôt se réunir à Bali le mois prochain, à propos du besoin d’envisager la totalité des impacts potentiels sur l’environnement de cette méthode ».