Les routes vers Bali pour sauver le climat et pour trouver les les suites à donner au Protocole de Kyoto sont parsemées d'embûches. La Conférence des Nations Unies sur le réchauffement climatique (COP 13) se réunira à Bali en Indonésie du 3 au 14 décembre afin d’entamer les négociations sur les suites à donner au Protocole de Kyoto, dont la première phase d'engagement expire en 2012.
Pour Greenpeace cette étape est cruciale si l’on veut limiter les effets des changements climatiques. L’association écologiste souhaite que les négociations de Bali aboutissent à un mandat fort et des objectifs ambitieux concernant notamment un mécanisme visant à financer la conservation des forêts tropicales. En effet, 20 % des émissions de gaz à effet de serre sont dues à la déforestation assure Greenpeace.
Pays ayant le taux de déforestation le plus élevé au monde, l’Indonésie est ainsi le 3e plus gros émetteur de GES derrière la Chine et les Etats-Unis… Pour de nombreux experts, réduire la déforestation est par ailleurs un moyen efficace et économique pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Pour répondre à l’enjeu, Greenpeace sera présente à Bali autour de nombreuses activités (avec le Rainbow Warrior, avec les étudiants de Solar Generation…) et se mobilise actuellement sur de nombreux projets.
En Indonésie, un camp d’étude et de documentation a été ouvert en sur l’île de Sumatra dans la province de Riau. Aux côtés des habitants, les activistes de Greenpeace s’opposent au drainage et à l’assèchement illégaux des tourbières préalables à leur conversion en plantations de palmiers à huile. Ils ont aussi documenté les nombreux feux allumés à la saison sèche. Un rapport La palme du réchauffement vient d’être rendu public (un résumé en français est téléchargeable sur www.greenpeace.fr).
Au cœur des tourbières tropicales, ce camp est équipé pour recevoir des journalistes désireux de travailler sur les impacts écologiques et sociaux de l’expansion des cultures de palmiers à huile.
Après un passage par l’Inde et le Sri Lanka, le Rainbow Warrior est en Indonésie y restera jusqu’à mi-décembre pour mener des activités de sensibilisation ou de confrontation. La semaine dernière a été bloqué pendant 3 jours le chargement d’une cargaison d’huile de palme sur un bateau dans le port de Dumai.
Au Brésil, Greenpeace mène un tour de sensibilisation en exposant à travers le pays un immense tronc calciné. Après plus de 3000 km parcourus, le tronc sera exposé à Rio sur la plage de Copacabana puis partira vers Sao Paulo et Brasilia.
La réduction drastique de la déforestation peut permettre de limiter les impacts des changements climatiques si elle est couplée à une vraie révolution énergétique. Dans le cadre des négociations de Bali, il est donc important qu’un accord soit trouvé afin notamment que : Les pays industrialisés réduisent leurs émissions de gaz à effet de serre d’au moins 30 % d’ici à 2020 ; Les nouveaux pays industrialisés à hauts revenus (Corée du Sud, Singapour, Arabie Saoudite) soient intégrés dans le système de Kyoto ; Les pays en développement à revenus moyens (Chine, Brésil, Inde, Afrique du Sud) entrent dans le système d’échange de quotas d’émissions de Kyoto.
Pascal Husting, directeur général de Greenpeace France, sera le porte-parole français de Greenpeace pendant la conférence à Bali.