Capturer les émissions de dioxyde de carbone provenant des centrales électriques et les enterrer pourrait être une arme majeure dans la lutte contre le réchauffement climatique, mais actuellement il y a eu très peu de sentiment d’urgence dans le monde pour encourager le développement de cette technologie, a déclaré un géologue reconnu mardi.
Stuart Haszeldine de l’Ecole de Géosciences de l’Université d’Edinburgh a déclaré qu’il y avait assez de capacité géologique dans le monde pour stocker de manière sûre près de 400 ans d’émissions de dioxyde de carbone responsables du réchauffement climatique provenant des centrales électriques et ce pendant des centaines d’années.
Mais le développement de la technologie était minimal et presque aucun endroit dans le monde n’a semblé reconnaître que la fenêtre vitale d’opportunité pour développer et déployer cette technologie avant qu’un changement climatique catastrophique ne soit irréversible, ne serait ouverte que pendant quelques années.
« Nous avons besoin de faire des progrès significatifs dans les 10 à 15 prochaines années ou la planète deviendra tout simplement de plus en plus chaude » a déclaré Stuart Haszeldine lors d’une conférence de presse.
« La capture et le stockage du dioxyde de carbone pourrait être une solution à 20 ou 30% du problème du réchauffement climatique dans le monde » a-t-il déclaré. « Nous faisons des progrès. Mais il n’y a pas assez d’urgence stratégique pour soutenir ces progrès ».
L’Union Européenne a annoncé plus tôt cette année ses plans pour des projets pilotes de Capture et de Stockage du dioxyde de carbone qui devraient débuter d’ici 2015.
La Grande-Bretagne a déclaré qu’elle organiserait une compétition pour construire une centrale de Capture et Stockage du dioxyde de carbone, la Norvège mène actuellement un projet test sous la Mer du Nord, et les Etats-Unis ouvriront une centrale de Capture et de Stockage de dioxyde de carbone d’ici 2012.
Mais la Chine, qui rattrape rapidement les Etats-Unis en tant que plus grand émetteur de dioxyde de carbone au monde, construit pour sa part une centrale électrique alimentée au charbon chaque semaine, et d’après les scientifiques, on ne pourra rajouter sur aucune d’entre elle une technologie de capture du dioxyde de carbone.
Mais la situation de crise atteint actuellement un point critique, d’après Stuart Haszeldine, qui a rappelé que les derniers chiffres ont montré que les concentrations atmosphériques actuelles de dioxyde de carbone suivaient de très près le pire scénario prévu par le Groupe Intergouvernemental d’Experts sur l’Evolution du Climat (GIEC).
Si cette tendance continue, alors les températures moyennes mondiales pourraient augmenter de 8,0°C au cours de siècle d’après Stuart Haszeldine. On est bien loin des 1,8 à 4,0 °C prévus par le GIEC.
La technologie de Capture et de Stockage du dioxyde de carbone récupère le dioxyde de carbone provenant du charbon, du pétrole, du gaz ou de la biomasse soit avant que ces matières ne soient brûlées dans les stations électriques, soit une fois que cela passe dans la cheminée. Puis le dioxyde de carbone est liquéfié, et injecté à haute pression sous terre.
Les structures géologiques évidentes pour le stockage sont les puits de pétrole épuisés où le dioxyde de carbone liquéfié occupe l’espace précédemment pris par le pétrole brut.
Mais Stuart Haszeldine a déclaré que ce serait cher et que le pétrole n’était pas réparti également dans le monde.
Une meilleure option selon lui serait les aquifères d’eau salée dans lesquels le dioxyde de carbone serait éventuellement dissous, créant en conséquence des grands lacs souterrains d’eau pétillante.
Ces aquifères, à l’inverse des puits de pétrole, sont disponibles totalement et sont présents partout dans le monde.