Alors que l'UFC a dénoncé des prix « abusifs » et épinglé Veolia et Suez dans la tarification du prix de l’eau dans certaines grandes agglomérations, le Syndicat des eaux d'Ile-de-France (Sedif) a dénoncé de son côté « les partis pris » de la nouvelle enquête UFC-Que Choisir sur le prix de l’eau et réaffirme ses engagements en faveur de la qualité et la sécurité.
Selon UFC-Que Choisir, l'eau est surfacturée dans de nombreuses agglomérations, comme en Ile-de-France ou à Marseille, évoquant les « bénéfices faramineux » de Veolia et Suez, et décernant la palme de la surfacturation au Syndicat des eaux d'Ile-de-France (Sedif), dont une partie des compétences sont en gestion déléguée avec Veolia.
Pour le Sedif, « une fois de plus, l’UFC-Que Choisir s’en prend au Syndicat des Eaux d’Ile-de-France, sur la base de calculs erronés et sans réelle compréhension des métiers de l’eau. » Le Sedif dénonce en particulier : « la prétention de Que Choisir à définir un « juste prix » pour l’eau potable partout en France, alors que le service de l’eau est un service public local, soumis à des conditions très variables selon les territoires ; l’utilisation impropre du mot « marge », alors que le Sedif est un établissement public : par définition, le Sedif ne peut pas « faire de marges bénéficiaires », puisque les excédents budgétaires sont chaque année réinvestis dans l’exercice suivant ; l’ignorance manifeste des experts de Que Choisir des réalités du service public de l’eau potable en France, qui conduit l’association à retenir des bases de calcul fantaisistes pour aboutir à des résultats aberrants, comme lors d’une précédente étude en février 2006 ; le fait que l’UFC-Que Choisir n’ait pas pris contact avec le Sedif afin d’obtenir des éléments réels et précis dans le cadre de son étude, alors que le Sedif était bien sûr disposé à les lui fournir. »
Le Bureau du Sedif conteste donc « vivement » la nouvelle enquête sur l’eau de la revue Que Choisir. Et « face à cet acharnement », le Sedif confirme sa volonté - et la nécessité - de placer au cœur de sa démarche : la qualité, la sécurité et le service au meilleur prix pour les Franciliens.
Les élus du Sedif rappellent aussi qu’il existe, depuis plus de 80 ans, un consensus politique autour de la sécurité de l’approvisionnement en eau des populations, et que cet objectif majeur nécessite des investissements lourds et constants. Ces investissements sont votés à l’unanimité, à l’image du 13ème Plan d’investissements 2006-2010 qui représente un montant total d’un milliard d’euros.
Par ailleurs, l’Observatoire de la Qualité du Service de l’eau, dispositif d’enquête réalisé par TNS-SOFRES, montre que 94 % des consommateurs sont satisfaits de la qualité de l’eau et du service qui leur est rendu par le Sedif.
Le Sedif s’interroge donc « quant aux motivations d’une telle étude alors que se profilent des échéances électorales en 2008. » Les élus du Sedif précisent aussi qu’ils « ne se laisseront pas intimider par une vision étroite et orientée du service public de l’eau, et par des propos d’inspiration altermondialiste dont l’objectif est le dénigrement plus que l’information. »
Dans l’enquête de l’UFC, le Sedif a relevé « de nombreuses erreurs et omissions notamment sur les points suivants : l’abaissement du prix des branchements depuis 2006 serait suspect : dans le cadre du remplacement de tous les branchements en plomb, ce sont les branchements les plus longs qui ont d’abord été traités ; les derniers appels d’offres concernaient les branchements courts. »
De plus, compte tenu de sa taille, le Sedif devrait réaliser des économies d’échelle sur ses travaux : » cela est vrai, mais très largement compensé par les contraintes d’exécution en milieu urbain (en particulier la protection des chantiers et la réduction des nuisances aux riverains, les communes étant de plus en plus exigeantes dans ce domaine). Par ailleurs, l’encombrement des sols renchérit les coûts d’intervention en milieu urbain, de même que des aménagements décidés par d’autres collectivités et qui contraignent le SEDIF à renouveler des conduites avant leur fin de vie (tramways…). »
« Pour mémoire, l’étude de 2006 comportait d’autres erreurs, réitérées en 2007, notamment le montant des volumes d’eau vendus par le Sedif en 2004, l’énergie utilisée pour la production d’eau potable et l’évaluation des amortissements du Sedif, » précise le syndicat.