Le Réseau de métrologie sanitaire lance ce 29 octobre une initiative visant à encourager les pays à enregistrer l'ensemble des naissances et des décès qui surviennent sur leur territoire.
Le Réseau de métrologie sanitaire est un partenariat mondial, accueilli par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), a été mis en place pour faire face au problème du manque de données sanitaires fiables dans les pays en développement sur les naissances et les décès.
Selon l’OMS, l’enregistrement des données d’état civil permet aux pays de faire l’inventaire des naissances et des décès et de connaître la situation matrimoniale de chacun. Ces systèmes offrent le meilleur moyen de produire des statistiques sur le nombre de naissances et de décès et les causes de décès, qui sont nécessaires pour vérifier si les programmes de santé donnent les résultats voulus.
L’enregistrement des données d’état civil est par ailleurs indispensables pour déterminer si l’aide au développement est utilisée à bon escient, précise l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).
Pour l’OMS, chaque année 48 des 128 millions de naissances dans le monde (environ 40%) ne sont pas enregistrées. La situation est encore pire au niveau des décès puisque la proportion des décès non enregistrés atteint les deux tiers soit 38 millions sur 57 millions de décès. L’OMS reçoit des statistiques fiables sur les causes de décès de 31 Etats Membres seulement sur 193.
Le non-enregistrement des naissances et des décès a d’autres conséquences, assure l’OMS. Lorsque les naissances ne sont pas relevées, les enfants ont moins de chances de voir leurs droits fondamentaux respectés, qu'il s'agisse de droits sociaux, politiques, civils ou économiques. Lorsque les décès ne sont pas comptés ni les causes précisées, les autorités ne peuvent mettre au point des politiques de santé efficaces, mesurer leurs effets ou déterminer si le budget de la santé est bien réparti.
Comme l’a souligné le Directeur général de l’OMS, le Dr Margaret Chan, au Forum mondial de la recherche en santé à Beijing, « aucun organisme des Nations Unies n’est spécifiquement chargé de veiller à l’enregistrement des naissances et des décès, ce qui explique que cette activité soit un peu passée à travers les mailles du filet. C’est pour cela que nous n’avons pas réussi à mettre sur pied, appuyer et maintenir des systèmes d’enregistrement des données d’état civil dans les pays en développement au cours des 30 dernières années. Or, sans les statistiques qui en sont issues, nous ne pouvons nous faire qu’une idée fragmentaire de l'effet des 120 milliards de dollars consacrés chaque année à l’aide publique au développement .».
L’initiative visant à encourager les pays à améliorer l’enregistrement des données d’état civil est lancée aujourd’hui avec la parution d'une série d’articles dans la revue The Lancet sous le titre « Who counts? » Cette série d’articles montre que la plupart des pays en développement disposent au mieux de systèmes d’enregistrement rudimentaires et qu’ils ne peuvent de ce fait compter les naissances et les décès, ni connaître la durée de vie de leurs ressortissants ni la cause de leur décès. Les articles soulignent aussi les problèmes que pose la mise en place d'un système d’enregistrement des données d’état civil, notamment les structures législatives et administratives qui s'imposent.
L’initiative marque le début d’une collaboration intensive destinée à aider six pays parmi ceux qui ont le plus besoin d’améliorer l'enregistrement de leurs données d'état civil. Le Réseau de métrologie sanitaire a déjà entamé une collaboration avec le Cambodge, la Sierra Leone et la République arabe syrienne. D’ici la fin de l’année, trois autres pays auront été retenus pour bénéficier d’une assistance.
Ainsi que l’a fait observer le Dr Sally Stansfield, Secrétaire exécutif du Réseau de métrologie sanitaire, « l’absence de systèmes d’enregistrement des données d’état civil a été en partie compensée par des enquêtes, par l’enregistrement sur la base de sondages et par des sites de surveillance, ce qui permet de dégager certaines informations utiles mais sans donner un reflet complet de la taille ou des besoins d’une population et sans permettre de respecter le droit individuel à une identité juridique comme le fait l’enregistrement des données d’état civil. La mise sur pied de systèmes d’enregistrement constitue un véritable défi : c’est le travail que personne ne veut faire. »
Outre cet effort, le Réseau de métrologie sanitaire publie aujourd’hui un CD-ROM (Monitoring vital events resource kit) qui contient les outils et les textes de référence dont les pays ont besoin pour orienter leurs efforts en vue d’arriver à un enregistrement complet des données d’état civil.