Des changements climatiques au contenu de nos assiettes, l’eau est le moteur du développement durable en Ile-de-France avec un programme régional 2008-2012 de 287 M€ pour l’eau.
La nouvelle politique régionale de l’eau, présentée par Michel Vampouille, vice-président chargé de l’environnement de la Région Ile-de-France, intègre les objectifs du projet de SDRIF, pour la préservation et la valorisation des ressources naturelles ainsi que la promotion du transport fluvial. Une vingtaine de territoires pourront donner lieu à contractualisation pour la période 2008-2012.
Pour la Région Ile-de-France il faut préserver plutôt que de réparer avec deux grands objectifs :
- Préserver la ressource naturelle et la biodiversité : La Région agit pour améliorer la qualité de l’eau et des milieux humides en partenariat avec l’Agence de l’Eau Seine-Normandie. Elle développe une politique de contrats de bassin pour l’assainissement, la préservation des milieux naturels, des berges et zones humides, sur des entités territoriales cohérentes, afin de progresser dans la reconquête de la qualité des ressources naturelles.
- Prévenir les accidents climatiques : Une intensification des épisodes pluvieux, alternant avec des périodes de sécheresse, conforte l’intérêt de gérer et traiter les eaux usées et les eaux pluviales à la source, au plus près des zones de collecte. Les évolutions potentielles du climat appellent des actions préventives pour être plus fort face aux événements à venir.
Pour la Région Ile-de-France il faut aussi appliquer le principe de proximité au traitement des eaux. En cœur d’agglomération, pour la Région Ile-de-France il faut optimiser les traitements des usines d’épuration du SIAAP, soutenir la déconcentration de l’épuration et la réduction de la capacité de Seine-Aval, réduire les débordements des réseaux unitaires vers le milieu naturel par une maîtrise des ruissellements à la source, réintroduire l’eau dans la ville, soustraire les rivières urbaines aux réseaux d’assainissement
En zone urbaine, il faut créer des unités d’épuration locales, supprimer les rejets directs d’eaux non traitées dans la nature, favoriser la pénétration du réseau hydrographique et de la nature en ville, maintenir ou restaurer une continuité écologique sur les berges ainsi que la libre circulation piscicole.
En zone rurale, il est nécessaire de limiter l’extension des zones de collecte vers les territoires ruraux pour privilégier la résolution des problèmes à la source, par des techniques plus écologiques et économiques. Préserver la ressource en eau, en quantité et qualité, maintenir ou reconstituer les éléments fixes du paysage (haies, fossés, mares), préserver et renforcer les continuités écologiques, la restauration des berges et des champs d’expansion des crues, la mise en valeur des zones humides.
Les grandes mesures pour l’eau prise en Ile-de-France sont : Réduire l’usage des produits phytosanitaires et développer l’agriculture biologique ; Stopper l’érosion de la biodiversité en réduisant les atteintes aux écosystèmes. En restaurant les continuités écologiques de l’eau et des zones humides pour une adaptation des espèces au changement climatique. Mieux gérer les espèces invasives et accroître la biodiversité et favoriser le retour d’espèces emblématiques (loutre, saumon …) ; Réduire les émissions de gaz à effet de serre et penser l’adaptation au changement climatique. La Région privilégie les projets utilisant des énergies renouvelables ou valorisant la ressource en eau en ville ; Favoriser les économies de la ressource naturelle et d’énergie. Dans le cadre du Plan Régional d’Elimination des Déchets (PREDMA) développer les valorisations agricole et énergétique des boues issues du traitement de l’eau. Développer les économies d’eau ; l’utilisation d’eau de pluie, le recyclage. Dans les lycées HQE poursuite de la maîtrise de l’énergie et la gestion des eaux pluviales ; Développer les éco-activités porteuses d’emplois. Développer les éco-industries : réutilisation des eaux traitées, marais filtrants, récupération d’énergie, production d’énergie. Favoriser les projets paysagers et écologiques liés au génie écologique.
Au niveau interrégional, la Région Ile-de-France estime qu’il faut : Développer le transport fluvial, les loisirs nautiques et le tourisme fluvial, économe en énergie et aux nuisances réduites, en articulation avec Port 2000 et le projet de canal Seine-Nord-Europe ; Mieux gérer les poissons migrateurs, par l’installation de passes à poissons sur les ouvrages de navigation pour un accès de l’estuaire de la Seine jusqu’en Ile-de-France ; Maîtriser le risque d’inondation par des opérations de ralentissement de l’onde de crue, au travers des actions de l’Entente Marne et de l’Entente Oise-Aisne, ainsi que des Grands Lacs de Seine.
L‘effort de dépollution de la zone centrale aura un impact considérable sur la qualité de la Seine en aval de l’Ile de France et sur les rejets de nutriments (azote et phosphore) dans l’estuaire et en Mer du Nord. La Région Ile-de-France s’est engagée dans le cadre du Contrat de Projet interrégional Eta-Région Plan Seine (CPIER) à 34,31M€ d’aides dont 4,31 M€ sur le budget des actions interrégionales et 3,5 M€ sur les loisirs nautiques et le tourisme fluvial.
A l’échelon européen, pour la Région Ile-de-France il faut : Atteindre les objectifs visant à réduire la pollution de la Mer du Nord (Convention Oslo-Paris : OSPAR) ; Atteindre les objectifs prévus par la directive cadre sur l’eau (D.C.E. 2000/60/CE) par une approche globale, équilibrée et acceptable économiquement ; Stopper l’érosion de la biodiversité (compte à rebours 2010 UICN).