Le monde devrait abandonner le Protocole de Kyoto pour lutter contre le changement climatique, et à la place devrait augmenter le budget de la recherche dans le secteur des énergies propres selon deux experts.
Ces deux experts ont déclaré mercredi que le monde devrait dépenser des dizaines de milliards de dollars par an dans la recherche sur les énergies propres, dans le cadre d’un plan plus large de lutte contre le changement climatique.
Les gouvernements devraient considérer le changement climatique comme un défi stratégique, de la même manière que le défi spatial qui a conduit les Etats-Unis à faire marcher un homme sur la lune en 1969 ou à aider l’Europe à se remettre de la Seconde Guerre Mondiale. Ainsi les gouvernements devraient abandonner les réductions des émissions de gaz à effet de serre du Protocole de Kyoto selon ces experts.
« Il est temps d’abandonner Kyoto » ont déclaré le scientifique social britannique, Gwyn Prins de la London School of Economics et le chercheur en changement climatique, Steve Rayner de l’Université d’Oxford dans le Journal Nature.
« Le protocole de Kyoto est une expression symboliquement importante de la préoccupation des gouvernements à propos du changement climatique. Mais en tant qu’instrument pour parvenir à des réductions d’émissions, il a échoué » ont écrit ces chercheurs.
Le Protocole de Kyoto de 1997 oblige 36 nations industrielles à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 5% en-dessous du niveau de 1990, d’ici 2008-2012. Mais beaucoup de ces nations sont loin d’atteindre ces objectifs, ce qui montre bien que le protocole de Kyoto n’est pas un outil très efficace dans la lutte contre le changement climatique a déclaré Steve Rayner.
Les deux chercheurs conseillent aux gouvernements d’envisager de dépenser plus d’argent dans la recherche au lieu de renforcer les réductions de Kyoto. Les ministres de l’environnement du monde entier se rencontreront à Bali en Indonésie du 3 au 14 décembre pour lancer les négociations pour un successeur à Kyoto.
« L’investissement dans la recherche sur l’énergie et le développement devrait être une priorité » ont écrit les experts à propos des efforts pour créer une énergie propre telle que l’énergie solaire ou éolienne.
« Il semble raisonnable de s’attendre à ce que les économies qui mènent le monde consacrent autant d’argent à ce défi que ce qu’elles consacrent aux recherches militaires, c’est-à-dire dans le cas des Etats-Unis, 80 milliards de dollars par an » ont-ils indiqué.
Selon eux, le Protocole de Kyoto a été façonné sur des traités pour protéger la couche d’ozone et réduire les pluies acides, et se concentre donc davantage sur la réduction de quelques polluants. Mais le changement climatique affecte l’ensemble d’une économie et les solutions doivent être plus complexes que des réductions sur quelques gaz.
D’après eux, le monde devrait se concentrer sur des réductions des grands pollueurs plutôt que de chercher un arrangement parmi les 176 états qui ont ratifié Kyoto. Les vingt plus grands pollueurs, dont les Etats-Unis et la Chine, représentent 80% de l’ensemble des émissions de gaz à effet de serre.
Les chercheurs ont rappelé que beaucoup des avocats de Kyoto avaient critiqué le Président G.W. Bush pour avoir rassemblé les plus grands émetteurs du monde pour discuter à Washington le mois dernier. Mais de telles négociations seront peut-être un premier pas nécessaire pour un accord plus large ont-ils indiqué.
Les deux experts pensent que le monde devrait créer des marchés de gaz à effet de serre mais les efforts jusqu’à présent ont échoué à produire des prix suffisamment stables pour susciter un abandon majeur des énergies fossiles, largement responsables du changement climatique.
Ils ont déclaré qu’au lieu de s’engager dans des réductions plus importantes des émissions au-delà de 2012, les pays devraient développer des politiques seulement après avoir fait l’expérience de plusieurs idées.