Énergie, pour l’Alliance pour la planète du Grenelle de l’environnement sont sortis des annonces à la hauteur des enjeux climatiques et l’EPR est plus que jamais inutile. A la fin de la première partie des négociations consacrées à la lutte contre les changements climatiques et l’énergie, l’Alliance pour la planète prend acte de l’annonce de la réorientation en profondeur de la politique énergétique.
En revanche, le ministre Borloo n’a pas tiré les conclusions qui en découlent : abandon du projet EPR et adoption de la contribution climat énergie. L’arbitrage revient à Nicolas Sarkozy qui devra ce jeudi « impérativement trancher en faveur de ces mesures, qui seules permettront la rupture nécessaire de la politique énergétique française. »
Qu’est-il sorti du troisième volet de la réunion Grenelle de l’environnement consacrée à la lutte contre les changements climatiques et à l’énergie ? « Pour l’énergie, les décisions annoncées par Jean-Louis Borloo sont à la hauteur des enjeux climatiques », affirme Yannick Jadot, directeur des campagnes de Greenpeace France et porte-parole de l’Alliance pour la planète. Ces mesures redéfinissent la politique énergétique française et doivent amener l’Etat à repenser la pertinence de l’EPR. »
Efficacité énergétique, Jean-Louis Borloo a repris l’une des mesures portées par l’Alliance pour la planète en annonçant l’interdiction des ampoules à incandescence d’ici à 2010. « Une telle mesure va avoir un impact sur l’environnement très fort, commente Karine Gavand, chargée de campagne Climat de Greenpeace. Interdire les ampoules à incandescence à partir de 2010 va permettre à la France d’économiser environ 11 TWh/an, ce qui correspond à la capacité de production d’un EPR. » Concernant plus globalement les appareils électriques les plus énergivores, la question de leur interdiction semble faire consensus et n’a pas été réellement débattue.
Scénario énergétique, Jean-Louis Borloo a promis de réaliser 20 % d’économies d’énergie, qui se répartiraient ainsi : 40 % dans le bâtiment, 20 % dans le secteur des transports. Il affirme aussi que les énergies renouvelables représenteront 20 % de notre consommation d’énergie finale d’ici à 2020. « Intéressant, mais la France est en capacité de mieux faire : d’ici à 2020, il faudrait améliorer de 30 % l’efficacité, et atteindre 25 % d’énergie finale d’origine renouvelable, estime Karine Gavand.
Côté nucléaire, grâce aux mesures d’efficacité énergétique qu’il compte mettre en place, Jean-Louis Borloo estime que la consommation d’électricité française va baisser. Et grâce au développement des énergies renouvelables promis, il avance que la part du nucléaire dans la production nationale se réduirait « par effet mécanique ». « Attention à ne pas se laisser abuser par ce schéma arithmétique : on est très loin du schéma de sortie progressive du tout nucléaire que nous préconisons, déclare Yannick Rousselet, chargé de campagne Énergie de Greenpeace France. La situation actuelle le démontre : la France est dans une situation de surproduction électrique – elle exporte l’équivalent de la production de 10 réacteurs sur 58 – et pourtant le gouvernement français s’entête à construire le réacteur EPR à Flamanville. »
Jean-Louis Borloo n’est pas allé plus loin, déclarant que ce qui touche au nucléaire ressort de la décision de Nicolas Sarkozy. « Apparemment, le numéro deux du gouvernement, n’a pas mandat pour discuter du nucléaire, encore moins pour décider d’annuler le décret EPR, affirme Yannick Jadot. Le nucléaire demeure le domaine réservé du président de la République, qui, ce matin même au Maroc, continuait de jouer les VRP d’Areva en donnant le coup d’envoi d’une coopération nucléaire entre la France et le Maroc. »
Les conclusions ne sont donc pas tirées pour l’Alliance, qui regroupe de nombreuses ONG. La France s’est approprié les objectifs fixés par l’Union européenne : amélioration de 20% de l’efficacité énergétique, 20% d’énergies renouvelables à l’horizon 2020.
« C’est intéressant, mais la France peut aller beaucoup plus loin, comme le démontre le scénario développé par Negawatt : 30% d’efficacité et 25% d’énergie renouvelable » précise Thierry Salomon. Par ailleurs, les conclusions qui découlent des économies d’énergie et du développement des renouvelables décidées ne sont pas tirées : abandon du projet de réacteur EPR, devenu inutile, et instauration de la contribution climat énergie. « Le coût environnemental de l’énergie doit être absolument abordé : c’est la responsabilité de Nicolas Sarkozy d’engager demain au cours de ce Grenelle la France sur la voie de la rupture » déclare Yannick Jadot, porte parole de l’Alliance pour la planète. Le jour de l’ouverture du Grenelle, les pérégrinations marocaines pro nucléaires de M.Sarkozy, nouveau VRP d’Areva, constituent une véritable provocation ! »
« Au-delà du fait que l’EPR est inutile, de nombreuses autres raisons doivent amener l’Etat à stopper la construction de ce réacteur de Flamanville, conclut Yannick Rousselet. Problèmes techniques, dépassements budgétaires et retards successifs en Finlande, sur le chantier du seul EPR en construction à l’étranger. Et en France, l’opposition massive de l’opinion publique à la construction de lignes THT. »