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Vers un avenir sans CO2 : Qui peut montrer l’exemple ? 

Vers un avenir sans CO2 : Qui peut montrer l’exemple ?Vers un avenir sans CO2 : Qui peut montrer l’exemple ?
Vers un avenir sans CO2 : Qui peut montrer l’exemple ? Les pays en développement contribue au changement climatique avec des rejets en CO2 en croissance

Les pays en développement sont destinés, à terme, à contribuer le plus au réchauffement planétaire et au changement climatique avec des rejets en CO2 en croissance, mais, pour la Banque Mondiale, il ne faut pas s’attendre à ce que leur propension croissante à émettre du CO2 se modifie tant que les pays développés ne feront pas plus pour réduire leurs propres émissions. Ce constat est une des idées-force qui ressortent d’une réunion-débat organisée le 19 octobre à l’occasion des Assemblées annuelles du Groupe de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international sur le thème : « Émissions faibles et attentes fortes : Pour des mesures sur le climat qui contribuent au développement ».

 

Selon la Banque Mondiale, ce débat réunissait quatre personnalités représentant les grandes composantes du mouvement international qui prône l’arrêt ou, au minimum, le ralentissement du changement climatique qui risque, aux dires de beaucoup de scientifiques, de causer des dégâts considérables et irréversibles à notre planète d’ici la seconde moitié du siècle. L’utilisation des combustibles fossiles, l’agriculture et le déboisement ont été identifiés comme les principales causes humaines de ce changement climatique.

 

Les quatre personnalités en question étaient Heidemarie Wieczorek-Zeul, ministre fédérale allemande de la Coopération économique et du Développement, Yvo de Boer, secrétaire exécutif de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, Valli Moosa, président de l’Union mondiale pour la nature, et Jon Williams, responsable du groupe Développement durable de HSBC Holding, société mondiale de services bancaires et financiers.

Sans changement aux États-Unis, pas d’évolution : Évoquant l’influence croissante du Groupe des 77, principal bloc de pays en développement aux Nations Unies, Valli Moosa a déclaré que l'« On ne doit pas s’accrocher à une sorte d’espoir irrationnel de voir le G-77 évoluer rapidement dans le sens de nouveaux objectifs ciblés [contre le changement climatique] sans mouvement significatif de la part des États-Unis…Ça ne va pas arriver. »

 

Yvo De Boer a estimé pour sa part que « l’heure est désormais venue de prendre des décisions d’investissement cruciales » sur les 20 000 milliards de dollars que les pays du monde entier envisagent de consacrer à l’énergie entre aujourd’hui et 2030. Pour lui, il s’agit de savoir si ces dépenses se traduiront par une augmentation de 50 % des émissions de gaz à effet de serre — ce qui se passerait en l’absence d’une réduction majeure des émissions — ou par une baisse de 50 %.

 

Le chiffre de 50 % de réduction des émissions est celui avancé par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), colauréat du prix Nobel de la paix de 2008 avec Al Gore. Selon ce groupe, il est impératif de parvenir à une réduction de cette ampleur d’ici 2050 pour éviter que le changement climatique ait des effets désastreux.

 

Toujours selon M. de Boer, la Conférence des Nations Unies sur le changement climatique qui doit se tenir en décembre à Bali (Indonésie) sera déterminante pour l’adoption d’un calendrier de mesures en vue d’atteindre cet objectif de réduction de 50 % des émissions. Les pays développés comme les pays en développement seront présents à Bali, mais la pression sera sur les États-Unis et les autres pays occidentaux pour qu’ils prennent l’initiative de l’effort de réduction.

 

De son côté, Jon Williams a mis en avant le niveau considérable de dépenses en matière d’énergie favorisé par la croissance dans les pays en développement ainsi que dans les pays développés comme étant un élément qui ouvre des possibilités considérables aux investisseurs. Citant le cas de sa propre banque, qui compte 10 000 bureaux dans 83 pays, il a ajouté : « Pourquoi ne chercherait-on pas à tirer un certain profit de cet état de fait ? »

 

D’ici 2020, a-t-il ajouté, on estime que 270 milliards d’euros seront consacrés à l’énergie éolienne, 300 milliards à l’énergie solaire, 123 milliards aux biocombustibles et 120 milliards à l’utilisation rationnelle de l’énergie. « Pourquoi ne chercherait-on pas à avoir quelques milliards au niveau de ces actifs ? », a-t-il conclu.

 

HeidemarieWieczorek-Zeul a joué un rôle majeur dans les initiatives engagées par l’Union européenne en vue de réduire les émissions de gaz à effet de serre dans ses pays membres.

 

Lors de la réunion-débat, elle a mentionné l’avertissement qu’avaient lancé ses propres conseillers, selon lesquels le changement climatique est destiné à être « le risque sécuritaire le plus immédiat dans le courant de ce siècle ».

 

Selon elle, la Banque mondiale « doit devenir bien plus courageuse » sur le front de la recherche de solutions aux problèmes posés par le changement climatique. « C’est là une des tâches majeures de la Banque mondiale », a-t-elle déclaré.

 

Elle n’en a pas moins salué, comme les autres intervenants, les mesures déjà prises dans ce domaine par le Groupe de la Banque mondiale, notamment l’engagement de 1,4 milliard de dollars en 2007 pour soutenir les énergies renouvelables et l’utilisation rationnelle de l’énergie dans le cadre de 63 projets visant 32 pays. Ce montant marque une hausse de 67 % par rapport à l’enveloppe de l’année précédente.

 

Mme Wieczorek-Zeul est membre du Comité du développement du Groupe de la Banque mondiale et du FMI, instance destinée à forger un consensus entre pays membres sur les grands problèmes de développement. Elle participe également à l’ensemble des travaux auxquels donnent lieu les Assemblées annuelles qui se tiennent cette semaine à Washington.

 

Tout en admettant que la réduction des gaz à effet de serre, identifiés comme la principale cause du changement climatique, nécessitera des milliards de dollars d’investissements nouveaux chaque année, tous les membres du panel ont été d’accord pour dire que cela ne représentera qu’une fraction limitée du produit intérieur brut mondial. Selon les estimations du GIEC, la stabilisation des émissions de gaz à effet de serre à un niveau acceptable réduirait le PIB mondial dans une proportion allant de 1 à 3 %, selon l’ampleur des mesures de contrôle adoptées.

 

Résumant ses propos, M. de Boer a semblé se faire l’écho de tous les participants à cette réunion-débat lorsqu’il a déclaré « Il y a trois erreurs capitales qu’on pourrait commettre. La première consiste à présumer que le changement climatique est un problème environnemental que les économistes peuvent se permettre d’ignorer. La deuxième est de supposer que les fonds en place et les sommes consacrées au problème suffiront à le résoudre. La troisième est de se mettre en tête qu’il y a moyen de construire un avenir moins préjudiciable au climat sans considérer les politiques fiscales et d’investissement dans les pays en développement. »



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