A la veille du Grenelle de l’environnement et du premier colloque national sur les aires marines protégées, le Comité français de l'Union mondiale pour la nature (UICN) a publié un nouveau rapport indiquant que la France doit adopter une loi Mer. L’UICN rappelle que le domaine marin français est le seul à s’étendre sur les 3 grands océans du monde avec 11 millions de km2, deuxième superficie après celle des Etats-Unis.
Selon l’UICN, avec le deuxième domaine maritime au monde, la France a d’importantes responsabilités pour la préservation de la biodiversité marine mais la législation actuelle peine à y répondre en étant trop sectorielle et trop complexe, « sans vision d’ensemble » pour la protection de la biodiversité marine.
Le domaine marin français abrite 10% des récifs et lagons de la planète ainsi que 20% des atolls. La biodiversité présente dans les eaux françaises est jugée considérable par l’IUCN avec des milliers d’espèces recensées dont plusieurs sont menacées à l’échelle mondiale (cétacés, tortues marines, requins, albatros, invertébrés comme le bénitier géant…) et d’importants stocks de poissons. Les pressions que subissent aujourd’hui les écosystèmes marins français « sont très inquiétantes et il est urgent d’apporter des réponses à la hauteur des enjeux » d’où l’impérieuse nécessité d’une nouvelle loi Mer pour la France.
L’adoption d’une loi Mer serait, pour l'Union mondiale pour la nature, une occasion unique de définir la stratégie de la France pour la protection et la gestion de son domaine marin. Les exemples étrangers, comme les Etats-Unis, le Canada, l’Australie et le Royaume Uni, montrent que l’élaboration d’un grand texte national permettrait de poser clairement les ambitions politiques de la France pour la préservation des milieux marins et d’accorder sa politique nationale avec ses engagements internationaux.
Avec la mise en place de la nouvelle politique maritime intégrée européenne, une loi Mer permettrait à la France de se mettre en ordre de marche pour répondre à ce grand rendez-vous. Cette loi Mer pourrait ainsi marquer un nouveau cap dans l’histoire de la politique française de la mer au bénéfice de tous ceux qui en vivent et en dépendent.
De plus, pour l’IUCN, une loi Mer représenterait un acte démocratique en associant l’ensemble des acteurs à la définition des principes fondamentaux et des règles cardinales d’une gestion durable et intégrée des milieux marins. Le groupe 2 du Grenelle de l’Environnement a retenu cette proposition dans ses travaux. Le droit français serait aussi renouvelé et adapté car il est essentiellement tourné vers la terre et comporte très peu d’outils spécifiques aux écosystèmes marins.