Jeudi 18 octobre, une cycliste utilisatrice du service de location de vélos de Paris, le service Vélib’, a trouvé la mort après avoir été renversée par un camion dans le XIIème arrondissement de Paris. Sur les 4 accidents mortels de cyclistes intervenus depuis le début de l’année à Paris, c’est le 3ème qui implique la responsabilité d’un poids lourd.
Avant la mise en service de Vélib’, Bertrand Delanoë avait demandé au Préfet de Police un renforcement des contrôles et des sanctions, pour réprimer tout comportement irrespectueux des règles de sécurité sur la voie publique. Pour Bertrand Delanoë « ce drame confirme plus que jamais la nécessité d’une vigilance particulière des forces de police pour une application stricte de ces principes de circulation » au sein de la ville de Paris.
Depuis le début de l’année, la municipalité annonce avoir renforcé ses dispositifs de sensibilisation du public à la sécurité routière. Ainsi, en juillet, la Ville de Paris a édité à 600 000 exemplaires un dépliant à l’attention des usagers de Vélib’ pour leur rappeler les règles du code de la route, et formuler des conseils de sécurité en recommandant notamment le port du casque.
De plus, un dépliant d’information à l’usage des seniors – premières victimes parmi les piétons - vient d’être édité à 100 000 exemplaires. Il est dès à présent disponible dans les mairies d’arrondissement, et sera accompagné de formations dans les clubs de 3ème âge, avec l’aide de policiers en tenue.
Pour tenter de prévenir les accidents impliquant des poids lourds, Bertrand Delanoë précise qu’un travail a aussi été mené avec les représentants des transporteurs : un dépliant à l’attention des chauffeurs insistant en particulier sur les dangers spécifiques de l’angle mort pour les camions sera diffusé par les organisations professionnelles à partir du 26 octobre.
Il sera complété par une information spécifique qui sera diffusée en novembre à destination des cyclistes et singulièrement les utilisateurs de Velib’, ajoute Bertrand Delanoë.
Une nouvelle campagne d’affichage sur la sécurité routière sera également mise en œuvre dans les prochains jours. Enfin, à l’issue d’une analyse détaillée des principaux secteurs accidentogènes de la capitale, une dizaine de sites feront l’objet d’ici la fin de l’année de réaménagements de sécurité (création de passages piétons, amélioration de la signalisation, limitations de vitesse).
De son côté, Vélorution a invité l'ensemble des cyclistes à venir rendre un dernier hommage à Marthe Coppel mercredi 24 octobre à 18h30 sur les lieux de l'accident (angle du boulevard de la Bastille et du quai de la Rapée).
« Afin qu'un tel drame ne se reproduise pas, Vélorution exige une vraie révolution de la place du vélo dans nos villes et des politiques publiques. Depuis le lancement du système de vélos en libre-service, la préfecture de police de Paris harcèle les cyclistes au nom du respect formaliste des règles du code de la route, mais ne s'intéresse jamais aux nombreux comportements agressifs et dangereux des autres véhicules : dépassement sans respecter la distance de sécurité d'un mètre, changement de file brutaux aux feux rouges (queues de poissons), refus de priorité lors de virages à droite. La gravité est en grande partie proportionnelle à la vitesse propre des véhicules impliqués. La plupart des chocs mortels ont lieu avec des véhicules roulant à plus de 30 km/h », estime l’association.
Vélorution « exige donc la reprise des travaux sur le projet de Code de la rue et demande à la préfecture de police et à la Ville de Paris d'organiser une rencontre avec les représentant-e-s de l'ensemble des usagers de la voirie afin de définir collectivement les priorités pour assurer la sécurité réelle de toutes et de tous. »
Pour le maire de Paris, ce nouvel accident d'une cycliste, utilisatrice du service de location de vélo Vélib', renversé par un poid-lourd, pose inévitablement la question de la place des poids lourds dans les rues de Paris. Indispensables à la vitalité économique de la capitale, les livraisons ont fait l’objet d’une charte signée par Bertrand Delanoë en juin 2006 avec les représentants des transporteurs et du monde économique, pour faciliter l’accès des marchandises au cœur de la ville tout en améliorant leur insertion urbaine. Le Plan de Déplacements de Paris adopté en février dernier promeut d’ailleurs le développement de sites logistiques reliés autant que possible au fer ou à la voie d’eau, à partir desquels des véhicules de livraisons plus urbains pourraient être utilisés. Un contrôle renforcé des permis est également nécessaire et le Maire de Paris a saisi le Préfet de Police en ce sens.
De plus, Bertrand Delanoë soutient le principe de mise en place d’une taxe pour les poids lourds circulant sur le réseau routier francilien, afin de dissuader la circulation des camions en grand transit, et donc de minimiser les risques d’accident en zone urbaine.