Seule société de conseil en environnement spécialisée dans la biodiversité, Gondwana publie « Entreprises et Biodiversité », la première étude sur les liens existant entre les acteurs économiques français et le monde du vivant.
Principal constat : les entreprises tricolores accusent un réel retard face à cette deuxième grande préoccupation environnementale derrière le changement climatique. Seuls 21 membres du CAC 40 ont à ce jour engagé des actions concrètes en faveur de la protection des espèces et de leurs habitats quand les grands groupes américains ont tous ou presque intégré la biodiversité dans leurs stratégies.
Véritable boîte à outils, cette enquête de six mois portant sur l’analyse de 80 groupes français et internationaux a pour objectif d’inciter et d’aider les entreprises à prendre davantage en compte la biodiversité dans leurs stratégies et leurs décisions. A travers 15 exemples de bonnes pratiques, l’étude démontre comment les entreprises peuvent s’ouvrir les portes d’un avenir plus durable et de nouvelles opportunités de marchés en intégrant le monde du vivant. A quelques jours des ultimes tables rondes du Grenelle de l’Environnement, cette étude montre qu’il est décidément possible d’allier écologie et économie.
La biodiversité est en grand danger. D’après les Nations Unies, nous sommes entrés dans « la sixième grande crise d’extinction massive des espèces », probablement la plus importante de notre histoire avec un rythme de disparition de la faune et de la flore 1 000 à 10 000 fois supérieur au taux moyen observé dans toute l’évolution de la Terre.
De l’avis unanime des scientifiques, ce recul de la diversité du vivant est dû à la pression exercée par l’Homme et ses activités sur la nature : surexploitation des ressources naturelles, introduction d’espèces invasives, destruction des écosystèmes due à l’urbanisation croissante et à l’agriculture intensive, pollutions liées aux rejets industriels, etc.
Les entreprises sont responsables directement ou indirectement de la dégradation des écosystèmes. Et en même temps, elles dépendent étroitement de la biodiversité pour fonctionner : elle fournit les matières premières nécessaires à la production (bois, aliments, plantes, minerais, eau, etc) et elle joue un rôle de régulateur écologique (pollinisation, purification de l’air, de l’eau et des sols).
Selon l’étude onusienne Millenium Ecosystem Assessment, environ 60% des écosystèmes qui rendent la vie possible sur terre sont en voie de dégradation ou ne sont pas utilisés de manière durable. Des scientifiques et des économistes songent d’ailleurs à donner une valeur économique aux services rendus par la nature pour assurer leur gestion durable. Il y a donc un intérêt hautement économique à la protection des écosystèmes : ne pas avoir à payer demain pour un service aujourd’hui gratuit.
Or selon cette étude, aujourd’hui, seules 21 entreprises du CAC 40 ont engagé des programmes en faveur de la biodiversité. Parmi les secteurs d’activités les plus engagés dans la protection de la nature, on trouve sans surprise l’industrie et les transports, lesquels participent le plus à sa dégradation.
Sur les sept postes budgétaires consacrés par les entreprises à l’environnement, la biodiversité n’occupe que le sixième rang de leurs dépenses. Leur engagement en matière de protection de la biodiversité est donc encore timide. Surtout si on le compare à celui de leurs consœurs anglo-saxonnes, qui ont pris une longueur d’avance dans l’intégration de la biodiversité à leurs stratégies.
La biodiversité devient donc une donnée fondamentale pour les acteurs économiques. Ils devront bientôt l’intégrer dans leurs décisions stratégiques comme ils le font aujourd’hui avec le changement climatique. Loin d’être une contrainte, la prise en compte de la biodiversité est un outil de gestion des risques, d’anticipation et de différenciation.
Alors pourquoi prendre en compte la biodiversité pour les entreprises au delà du seul argument écologique ?
Pour Gondwana, aujourd’hui, les entreprises qui ne prennent pas en compte la biodiversité dans leur stratégie s’exposent à de sérieux risques : Atteinte à l’image de marque ; Remise en cause du droit d’exercer son activité ; Ruptures dans la chaîne d’approvisionnement ; Mauvaise notation sur les marchés.
À l’inverse, les entreprises qui décident d’intégrer la protection de la nature dans leur
stratégie assurent la pérennité de leur activité : Faire de la biodiversité un avantage concurrentiel ; Réaliser des économies de production ; Créer de nouveaux marchés.
Pour le cabinet conseil, les entreprises qui n’ont pas encore intégré la biodiversité dans leurs décisions compromettent leur avenir. Elles ont pourtant tout à y gagner. En sauvegardant le monde du vivant, les entreprises garantissent le développement durable de leurs activités.