Ecologie sans frontière, l’ONG spécialiste du droit de l’environnement a annoncé divulguer la vérité sur l’impact de la pollution de l’air sur la santé, une des premières préoccupations environnementale des français.
En Juin 2007, Ecologie sans Frontière avait publié une 1ère étude mettant en lumière la sous-évaluation de la pollution de l’air, et la non-prise en compte d’un certain nombre de polluants très nocifs. Le 22 octobre 2007, la 2ème partie de cette étude traitant des impacts sanitaires de cette pollution et des actions à entreprendre pour améliorer la qualité de l’air vient à son tour d’être publiée.
Cette étude sur les impacts sanitaires de la pollution de l’air d’Ecologie sans Frontière traite en particulier : « des particules (tabagisme passif (Airparif), du coût financier pour la sécu, des anti-polluants qui cachent d’autres polluants, des risques accrus encourus dans le métro, des écoles et stades en 1ère ligne de la pollution de l’air, de toutes les maladies provoquées, des particules secondaires qui réchauffent le climat, de la sous évaluation de l’analyse des particules fines PM10 et PM2,5, de la non prise en compte des particules pour les déclenchements d'alertes : la population n'a aucune info sur ce qu'elle subit même si cela dépasse de 100% les normes OMS, du nombre effarant de jours de dépassement de ces normes, de l'inégalité inadmissible dans l’information entre les zones d'habitation proches des périphériques, rocades et avenues... (500 000 personnes rien qu'en IDF Paris), du retard et du manque de courage des agglomérations françaises pour lutter efficacement contre la pollution par rapport à Tokyo, Londres, ou Amsterdam … Tokyo interdit les diesels, des procédures juridiques qui s’annoncent contre les pouvoirs publics, les constructeurs et les pétroliers, de la refonte de la Loi sur l'air : notre proposition phare au Grenelle de l’environnement. »
Ecologie sans Frontière, qui s’annonce comme l’initiatrice du Grenelle de l’environnement, « a placé la pollution de l’air et son impact sur la santé et sur le climat en 1ère ligne pour la négociation finale. »
Face à l’état d’urgence sanitaire, au Grenelle de l’environnement, Ecologie sans Frontière ajoute faire « face aux lobbies pour que soit adoptée une nouvelle loi sur la pollution atmosphérique, plus ambitieuse, réellement protectrice et efficace. L’actuelle loi sur l’air a jusqu’à présent échoué dans la mise en œuvre de son objectif : un air pur qui ne nuise pas à la santé ; elle n’a pas permis de faire décroître les facteurs de pollution. »
La pollution atmosphérique « est aujourd’hui une cause majeure de mortalité et de maladie en France. Les particules fines, les plus dangereuses et les moins contrôlées, développent un large spectre de risques sanitaires, allant de l’augmentation de l’asthme à celle des malformations fœtales, des problèmes oculaires aux maux de têtes, de la baisse de la fertilité aux problèmes de peau, des bronchiolites aux fatigues…. Selon Airparif, les conséquences sanitaires de la pollution aux PM10 (particules dont la taille est inférieure à 10 microns) sont comparées à un tabagisme passif constant (Airparif Actualités, septembre 2007) » estime l’ONG.
Le trafic routier, et particulièrement les véhicules diesels, constitue le plus important émetteur de particules fines. La concentration de gaz toxiques est également particulièrement importante dans les réseaux confinés de transport, de type métro, « mettant en danger la santé des usagers et des employés » ajoute Ecologie sans Frontière. « La formation des particules secondaires, formées par la combinaison de différents polluants, est favorisée par les températures élevées ou les stagnation de masses d’air caractéristiques des pics de pollution : le réchauffement climatique ne va donc pas améliorer les choses ! »
Et pourtant « les inventaires d’émission de particules fines dans l’atmosphère sont à la fois anciens, incomplets et incertains. Les plus gros émetteurs de l’agglomération (trafic routier et aérien, émetteurs industriels) seraient largement sous-évalués, et la formation de particules secondaires n’est pas encore comptabilisée dans les inventaires » assure l’ONG.
Les premières victimes de « ces négligences » sont les populations les plus sensibles : femmes enceintes, enfants, personnes âgées, insuffisants respiratoires. « Des lieux comme les écoles ou les stades sont en première ligne, ainsi que les zones d’habitation proches des périphériques, des rocades et des grandes avenues. En ce qui concerne l’agglomération parisienne les normes préconisées par l’OMS en matière de particules sont dépassées 1 jour sur 2 ! »
En 1997, une évaluation nationale des dépenses de santé (ADEME) a révélé que les impacts sanitaires de la pollution atmosphérique s’élevaient à plus de 35 milliards de francs par an, dont 20 milliards par an directement attribuables au trafic routier.
Qu’en est-il en 2007 ? « Plusieurs métropoles dans le monde et en Europe ont développé des politiques volontaristes pour réduire de façon drastique les pollutions émises par le trafic routier, malgré l’opposition farouche des constructeurs automobiles. A Tokyo par exemple diverses mesures ont été prises à l’encontre des véhicules diesels, dont les ventes ont considérablement régressé depuis 2000. » Pour Ecologie sans Frontière, « il est grand temps que les agglomérations françaises engagent elles aussi réellement la bataille contre la pollution de l’air. »
La nouvelle loi sur l’atmosphère qu’Ecologie sans Frontière a déposé sur « la table » du Grenelle de l’environnement, instrument normatif de premier ordre, pilier de la politique de réduction d’émission de gaz à effet de serre, devra répondre à 4 objectifs primordiaux : information complète et transparente, réduction drastique des émissions polluantes, répression des contrevenants, développement de la connaissance.
« Si le Grenelle de l’environnement n’aboutissait pas rapidement à une politique ambitieuse et efficace de réduction de la pollution de l’air et d’amélioration de la santé, Ecologie sans Frontière estimerait nécessaire de faire intervenir les tribunaux : serait déposée au pénal une plainte contre X, destinée à sanctionner l’inaction de l’administration, des collectivités locales et des constructeurs automobiles alors que les taux de particules fines et leurs effets désastreux sur la santé, et particulièrement celle des enfants et des personnes âgées, sont reconnus et démontrés scientifiquement » conclue l’ONG, à l’approche du rendu final du Grenelle de l’environnement.