Le feuilleton FNSEA et OGM n’est pas finis ! Fondée en 1946, la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA), le syndicat professionnel majoritaire dans la profession agricole, dont le président avait annoncé être favorable à un gel des cultures OGM en France, ce qui avait suscité quelques heures après de nombreuses réactions favorables, allant jusqu’au minsitre de l’écologie Jean-Louis Borloo, France Nature Environnement, Greenpeace, ou encore la LPO (voir tous nos articles sur le sujet), relance le débat en précisant le sens des mots !
Selon le président de la FNSEA, Jean-Michel Lemetayer, l'article paru dans le quotidien La Tribune « est exact mais puisque les mots ont un sens, il faut préciser les choses. Il manque en effet un aspect essentiel que j'avais évoqué dans cette même conversation journalistique lorsque j'ai expliqué que j'étais prêt à accepter le principe d'un gel sur les cultures OGM. »
Pour Jean-Michel Lemetayer, j'avais ajouté... « à la condition qu'une loi soit votée et ses effets applicables avant les prochains semis du printemps 2008. Le Gouvernement doit prendre ses responsabilités. C'est lui qui a la maîtrise du calendrier parlementaire et il est impératif que la loi soit débattue immédiatement. » Donc, pour la FNSEA oui à un gel sur les cultures OGM, mais à la condition qu'une loi soit votée.
Pour le président de la FNSEA, « au-delà, il me paraît urgent d'en finir avec la polémique permanente des OGM. Tout le monde peut avoir un avis, une sensibilité et une opinion sur le sujet. Je respecte ceux qui sont pour comme ceux qui sont contre. Mais la loi s'applique à tous. Nous sommes un pays de droit et j'attends beaucoup de la future loi pour en finir avec des "guerres" qui n'ont plus lieu d'être. »
Il en appelle une nouvelle fois aux scientifiques qui doivent « vraiment nous éclairer » et aux politiques qui « doivent vraiment décider » donc édicter une loi sur la culture OGM en France.
« J'aimerais rappeler que nous évoluons dans un cadre européen fait des règles et des harmonies qui en découlent. C'est à prendre en considération. Les enjeux sont trop importants pour que l'on continue dans le flou et les incertitudes » a t-il ajouté.
« Par ailleurs, et il me paraît nécessaire de l'indiquer là, croyez-vous que c'était facile pour la FNSEA d'aller au Grenelle de l'Environnement ? A l'évidence non. Et pourtant, nous y sommes allés, non comme on va à Canossa, mais avec convictions et propositions. Faut-il le dire sans ambages, les paysans sont et resteront les premiers écologistes » de la France affirme Jean-Michel Lemetayer, estimant que « l'agriculteur peut beaucoup pour la préservation de l'environnement, les énergies vertes sont à développer et nos pratiques sont à améliorer mais de grâce reconnaissons les efforts consentis ». Il dénonce le fait que les agriculteurs deviennent de véritables « boucs émissaires » de l’environnement.
« Peut-on dire la même chose, alors, des faucheurs volontaires » de champs Ogm s’interroge le président de la FNSEA, qui selon lui « ne respectent ni la propriété, ni les moyens de production, ni la loi ! Sous la sympathie apparente, il y a des durs et des spécialistes de l'agitation. On ne débat pas en détruisant. On ne fait pas réfléchir en fauchant. On n'impose pas ses idées en obligeant et en pratiquant la désobéissance civique » ajoutant que son syndicat est « ouvert, ouvert sur les autres, ouvert sur le monde. »
« Le repli sur soi n'étant le symbole que du manque de convictions et nous n'en manquons pas » précise t-il assurant que « nourrir le monde en quantité et en qualité tout en respectant l'environnement, c'est la vocation de l'Europe, c'est le devoir de la France ».