Après différents scandales liés à la contamination par l’amiante, la France doit faire face à de possibles nouveaux scandales liés à la pollution de nombreux fleuves et rivières français, dont le Rhône, la Seine, le Rhin, …, par les PolyChloroBiphényles (PCB), communément appelés pyralène. (En savoir plus : PCB, PCT, Pyralène, Amiante)
En déplacement à Lyon au sujet de la pollution du Rhône au pyralène, Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'Etat chargée de l'Ecologie a reconnu l’impuissance des pouvoirs publics face à la pollution du Rhône, mais aussi d’autres fleuves français, par les PCB.
En effet, les données récentes des réseaux de suivi nationaux mettent en évidence une contamination des sédiments par les PCB plus forte dans 3 bassins : Artois-Picardie, Rhône Méditerranée Corse et Seine-Normandie. Le bassin Rhin-Meuse présente aussi des sites contaminés mais dans une moindre mesure. En revanche, dans les bassins Loire Bretagne et Adour-Garonne, il y a peu de contamination observée. D’autre part, les données récentes du réseau national d’observation (RNO) indiquent également une forte contamination des mollusques dans l’estuaire de la Seine.
Les PolyChloroBiphényles (PCB), et PolyChloroTerphényles (PCT) sont des dérivés chimiques chlorés connus sous le nom de pyralènes, qui, depuis les années 1930, étaient utilisés dans l’industrie pour leurs qualités d’isolation électrique, de lubrification et de d’ininflammabilité. On les retrouvait comme isolants dans les transformateurs électriques et les condensateurs, comme lubrifiants dans les turbines et les pompes ou comme composants d’huiles, de soudures, d’adhésifs, de peintures et de papiers autocopiants.
Par la passé, arrivés en fin de vie, ils étaient le plus souvent déversés dans les eaux de surface, engendrant une pollution persistante des sédiments et pouvant se transmettre dans la chaîne alimentaire. Aujourd’hui encore, des installations soumises à réglementation peuvent rejeter des PCB dans en faibles quantités sous contrôles. Mais surtout, les déversements sauvages d’appareils contenant des PCB (actes de vandalisme sur les transformateurs, actes malveillants, …) ou, plus ponctuellement, le lessivage des sols pollués aux PCB sont des sources d’émission dans l’eau.
Or les PCB sont des produits toxiques. C’est pourquoi, depuis 20 ans les PCB ne sont plus ni produites ni utilisées dans la fabrication d’appareils en Europe. En France, les pouvoirs publics ont imposé des mesures, nécessairement progressives pour tenir compte de la durée de vie et du nombre important des matériels existants, environ 500 000 unités. En 2003, le plan national de décontamination et d’élimination des appareils contenant des PCB et PCT prévoit un calendrier de décontamination des appareils recensés au plus tard pour le 31 décembre 2010. Certains appareils contenant des PCB et PCT à faible concentration (moins de 500 milligrammes par kilogramme) peuvent être éliminés au terme de leur utilisation.
Les PCB persistent dans l’environnement à cause de leur très lente décomposition naturelle et ils sont peu solubles dans l’eau. Ils se sont donc accumulés progressivement dans les sols et les sédiments.
La surveillance des PCB dans les sédiments permet d’établir, via les réseaux de suivi nationaux, une première cartographie de l’intensité de la contamination. Trois bassins hydrologiques sont particulièrement concernés : Artois-Picardie, Rhône-Méditerranée et Seine-Normandie. En conclusion, selon le ministère de l’écologie, la pollution constatée dans les sédiments par les PCB est essentiellement d’origine historique.
Alors comment dépolluer nos fleuves et rivières des PCB ? Le dragage des sédiments n’est pas envisageable car il peut notamment remettre en suspension des PCB dans l’eau entraînant un transfert de pollution vers d’autres portions du réseau hydrographique. A cette question, le ministère de l’écologie ne peut encore apporté de réponse.
Très solubles dans les graisses, les PCB s’accumulent dans les tissus graisseux tout au long de la chaîne alimentaire. L’homme se contamine par l’ingestion d’animaux ou de produits d’origine animale, notamment le lait, les œufs et les poissons, contaminés par le PCB. Outre de possibles effets cancérogènes, les effets chroniques des PCB sont des dommages du foie, des effets sur la reproduction et la croissance.
Alors peut-on continuer à manger du poisson pêché en eau douce ? Des arrêtés préfectoraux fixent localement les interdictions de consommation de poissons en fonction des dépassements des normes fixées par l’Union européenne. Le ministère rappelle, qu’il est « indispensable de respecter les arrêtés préfectoraux pris localement pour interdire la consommation des poissons pêchés dans une zone à risque. »
La possibilité d’exonérer les pêcheurs professionnels du montant des baux de pêche est actuellement à l’étude ainsi que la recherche de sites alternatifs pour l’exercice de leur profession. On devrait savoir prochainement si l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments conseille de lever, de maintenir ou d’encadrer l'interdiction de manger du poisson dans les zones concernées.