Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d’Etat chargée de l’Ecologie, s’est rendue à Lyon, ce mercredi 10 octobre, pour présider le premier comité de suivi et d'information sur la pollution aux PCB appelés aussi pyralène du fleuve Rhône.
Ce comité de suivi et d'information sur la pollution aux PCB (pyralène) du fleuve Rhône vise à associer les différentes parties prenantes à la réflexion : présidents des conseils régionaux (Languedoc-Roussillon, Provence-Côte-d’Azur et Rhône-Alpes), conseils généraux, maires de communes riveraines, représentants d’associations de protection de l’environnement, représentants des pêcheurs amateurs et professionnels, riverains et industriels.
Cette première réunion doit permettre de partager et d’améliorer la connaissance actuelle sur le phénomène de pollution, d’informer sur les actions mis en œuvre par l’Etat et sur les projets de renforcement. L'Agence française pour la sécurité sanitaire des aliments (Afssa) pourrait être saisie pour définir un ciblage plus précis des catégories de poissons, mais aussi pour préciser les mesures d'interdiction dans l'alimentation.
A Meyzieu Nathalie Kosciusko-Morizet rencontrera des élus impliqués dans la gestion de la question des PCB et des pyralènes dans le Rhône. Elle visitera ensuite le Laboratoire d'analyse des sédiments CARSO où lui sera présenté des manipulation d'analyse de recherche de PCB dans les sédiments et les poissons, avant de se rendre en fin de journée à la Préfecture du Rhône pour la réunion du comité de suivi et d'information sur la pollution aux PCB, ou pyralènes, du fleuve Rhône
Selon Nathalie Kosciusko-Morizet, les 852 analyses menées sur la pollution du Rhône « ne suffisent pas », et il faut une « l'intensification des investigations sur les sédiments et la chair des poissons » pour déterminer le degrés de pollution du Rhône par les pyralènes.
Mais d’où vient cette pollution ? Certaines associations de protection de l’environnement pointent su doigt l’usine de décontamination de transformateurs au pyralène Tredi de Saint-Vulbas dans l’Ain, qui rejette des quantités de ce produit toxique dans le Rhône. L’entreprise affirme de son côté déverser dans le Rhône des quantités de pyralène inférieures aux normes légales fixées.
Le plan de surveillance de la qualité des aliments a permis de découvrir, au cours du premier semestre 2005, de teneurs élevées en PCB dans des brèmes prélevées dans le canal de Jonage (limite Ain/Rhône). Les analyses de poissons et de sédiments ont été multipliées pour délimiter la zone contaminée, conformément aux recommandations de l’agence française de sécurité sanitaire des aliments.
Début 2007, le préfet coordonnateur de bassin a mis en place une stratégie de pilotage coordonnée à l’échelle du bassin (même protocole d’analyse, même laboratoire, regroupement des résultats pour les études). Les recherches, qui se sont poursuivies dans ce cadre, ont révélé un taux de PCB supérieur aux seuils réglementaires sur tout le linéaire du Rhône, du barrage de Sault-Brenaz (Ain) jusqu’à la mer. Ces résultats ont conduit les préfets de département, concernés, à interdire la consommation de poisson sur l’ensemble du linéaire.
La pêche a été en effet interdite dans le Rhône depuis le barrage de Sault-Brenaz dans l'Ain, et ce jusqu’à la Méditerranée, du fait d'une contamination aux PCB, ou pyralène, dont les molécules se fixent dans la matière grasse.
Particulièrement impliquée sur le front de la santé environnementale lorsqu’elle était parlementaire, au titre de présidente du groupe d’étude santé et environnement de l’Assemblée nationale, Nathalie Kosciusko-Morizet entend poursuivre son action au sein du gouvernement. Elle souhaite approfondir les évaluations de l’impact écologique et sanitaire des différentes pollutions et mobiliser les moyens nécessaires, notamment sur le plan de la recherche, pour apporter des réponses à la hauteur de ces enjeux.