Le président du marché du porc breton a été condamné jeudi à Morlaix, dans le Finistère, à six mois de prison avec sursis et 7.500 euros d'amende, pour pollution des eaux par déversement accidentel d'effluents de lisier. Eau et Rivières de Bretagne, association adhérente de France Nature Environnement, s’était portée partie civile dans ce procès.
Le tribunal correctionnel de Morlaix a rendu le 4 octobre son jugement dans l’affaire de pollution des eaux de l’Elorn. Jean-Jacques Riou, de Plounéventer (Finistère), déjà condamné à plusieurs reprises pour des infractions sur l’environnement, « n’a manifestement pas convaincu les juges de sa bonne foi » estime Eau et Rivières de Bretagne.
Il était cité devant ce tribunal pour avoir à deux reprises, en mars et avril 2005, provoqué la pollution de l'Elorn. « Le tribunal a quasiment suivi les réquisitions du procureur de la République, et condamné l’éleveur porcin - par ailleurs président du marché au cadran du porc breton -, à 6 mois de prison avec sursis, 7500 euros d’amende, ainsi qu’à la publication du jugement dans la presse », ajoute Eau et Rivières de Bretagne, précisant que « le tribunal a sanctionné le comportement indigne d’un professionnel à l’égard de la protection de l’eau, s’agissant en particulier d’un bassin versant qui alimente en eau potable le tiers de la population du Finistère. »
Pour FNE, cette condamnation met à nouveau en évidence la nécessaire refondation de l’élevage breton sur des bases acceptables pour les équilibres naturels. Dans le cadre du Grenelle de l’environnement, France Nature Environnement demande des mesures de résorption des pollutions diffuses.
Pour Jean-Claude Bévillard, chargé des questions agricoles et forestières : « cette affaire le montre : les mesures partielles, comme la mise en place de stations de traitement de lisier, conduisent à l’impasse. Seule une diminution du cheptel est susceptible de résorber les excédents d’azote qui détériorent gravement presque l’ensemble des rivières et des eaux souterraines françaises »
De la même manière, l’utilisation des pesticides doit être fortement diminuée pour retrouver une qualité des sols et des eaux souterraines dans les régions de cultures intensives. C’est une urgence pour la santé publique.
Pour cela, c’est bien une remise en question profonde des modèles agricoles actuels qui sera nécessaire, notamment pour atteindre l’objectif de bon état des eaux en 2015, fixé par la Directive Cadre sur l’Eau. Cette remise en cause impose une réorientation forte des modalités d’attribution des aides de la Politique Agricole Commune
France Nature Environnement et Eau & Rivières de Bretagne demandent dans le Grenelle de l’environnement une diminution de moitié des traitements de pesticides d’ici 2013, un objectif sérieux de résorption des pollutions diffuses, ainsi qu’une taxation progressive et à un niveau suffisant des engrais et des phytosanitaires.