« la perte des espèces est notre propre perte. » L'Union mondiale pour la nature (UICN) dénonce dans un nouveau bilan l’escalade « de la crise de l'extinction » des espèces animales et végétales. La biodiversité s’érode à un rythme effréné. Selon la Liste rouge de l’UICN, les grands singes, les coraux, les vautours, les dauphins sont tous en danger.
La Liste rouge de l'UICN des espèces menacées dresse régulièrement un bilan sur la biodiversité, un bilan sur l’état des plantes et des animaux de la planète. La Liste rouge des espèces menacées dans le monde fait autorité en la matière.
L’édition 2007 renouvelle l’appel à la mobilisation face à la crise mondiale de l'extinction des espèces sauvages. Selon l’Union mondiale pour la nature (UICN), la vie sur Terre disparaît rapidement et continuera de disparaître si des mesures ne sont pas prises de toute urgence. C'est ce là le triste constat de la Liste rouge de l'UICN des espèces menacées 2007.
La Liste rouge de l'UICN répertorie désormais 41 415 espèces dont 16 306 sont menacées d'extinction (contre 16 118 en 2006). Le nombre total d'espèces éteintes a atteint le chiffre de 785 et 65 autres n'existent qu'en captivité ou en culture. Sur la Liste rouge de l'UICN, il y a 12 043 plantes dont 8447 sont menacées. Le bégonia Begonia eiromischa est la seule espèce à avoir été déclarée « Éteinte » cette année.
Un mammifère sur quatre, un oiseau sur huit, un tiers de tous les amphibiens et 70% de toutes les plantes évaluées dans la Liste rouge de l'UICN 2007 sont en péril.
La Liste rouge de l'UICN des espèces menacées est reconnue comme l'évaluation la plus fiable du statut des espèces de la planète, qui sont classées selon le risque d'extinction et la Liste met clairement en lumière le déclin continu de la diversité biologique mondiale et les impacts de l'humanité sur la vie sur Terre.
Pour Julia Marton-Lefèvre, Directrice Générale de l'Union mondiale pour la nature (UICN), « la Liste rouge de l'UICN de cette année démontre que les efforts inappréciables déployés à ce jour pour protéger les espèces sont insuffisants. Le rythme de l'érosion de la biodiversité s'accélère et nous devons agir sans plus attendre pour le réduire de manière significative et pour mettre un terme à cette crise mondiale de l'extinction. Nous pouvons le faire mais uniquement dans le cadre d'un effort concerté à tous les niveaux de la société. »
« Nos vies sont intimement liées au sort de la diversité biologique et, au bout du compte, sa protection est essentielle à notre propre survie. Le monde commence à réagir à la crise actuelle de perte de la diversité biologique et a besoin de l'information donnée par la Liste rouge de l'UICN pour concevoir et appliquer des stratégies de conservation efficaces – dans l'intérêt de l'homme et de la nature, » ajoute Jane Smart, Chef du Programme de l'UICN pour les espèces.
Il arrive que les mesures de conservation puissent ralentir la perte de diversité biologique mais il reste de nombreuses espèces auxquelles il faudrait consacrer plus d'attention. Cette année, une seule espèce a été transférée vers une catégorie de menace inférieure par l’IUCN. La perruche de Maurice (Psittacula eques) qui, il y a 15 ans, était un des perroquets les plus rares au monde, est passée de la catégorie « En danger critique d’extinction » à « En danger ».
Cette amélioration est le résultat de bonnes mesures de conservation, notamment la surveillance étroite des sites de nidification et l'apport de nourriture supplémentaire, associées à un programme d’élevage en captivité et de lâcher.
Pour Jean-Christophe Vié, Chef adjoint du Programme de l’UICN pour les espèces, déclare cette « expérience nous montre que les programmes de conservation peuvent donner de bons résultats mais, malheureusement, cette année, nous n'annonçons d'amélioration que pour une seule espèce. C'est très inquiétant compte tenu des engagements pris par les gouvernements, par exemple l'objectif 2010 de réduction du taux de perte de la biodiversité. Cela montre, à l'évidence, que nous devons redoubler d'efforts pour soutenir les travaux des milliers de personnes enthousiastes qui luttent, chaque jour, dans le monde entier, pour préserver la diversité de la vie sur cette planète.»
Pour Holly Dublin, Présidente de la Commission de la sauvegarde des espèces de l'UICN, « les réseaux de la conservation qui consacrent leurs efforts à la lutte contre la crise de l'extinction, comme la Commission de la sauvegarde des espèces, sont efficaces. Ils ont cependant besoin qu'on les aide et qu'on les appuie financièrement bien davantage car tous seuls, ils sont impuissants. Le défi que représente la crise de l'extinction doit aussi retenir l'attention du grand public, du secteur privé, des gouvernements et des décideurs politiques si l'on veut que la diversité biologique mondiale soit transmise intacte aux générations à venir. »
Pour l’IUCN, « la perte des espèces est notre propre perte. »